Par Mathieu RIGOUSTE Purifier le territoire. De la lutte antimigratoire comme laboratoire sécuritaire (1968-1974) Résumé : L’institutionnalisation moderne de la xénophobie commence avec l’Etat-nation et son principe de discrimination par le lieu de naissance. L’étranger y est, par principe, un banni juridique et de fait un surexploité, il est surveillé et soumis structurellement à des principes d’exception . Toute forme de nationalisme pose ainsi l’étranger comme un suspect par nature. On peut alors étudier les mécanismes qui déterminent ces périodes où l’Etat entreprend une lutte systématique contre les étrangers. On explique généralement ces phénomènes en ciblant les variables économiques. Confronté à l’essor du chômage et à la baisse de la croissance, l’Etat chercherait à favoriser l’emploi des nationaux. La « préférence nationale », de ce point de vue, relève moins d’une revendication de l’extrême droite que d’un principe dirigeant l’ensemble du droit depuis la fin de l’ancien régime. Il faut pourtant bien admettre que l’économie capitaliste s’appuie en permanence sur l’entretien d’un sous-prolétariat corvéable, auquel l’Etat refuse l’égalité et qu’il se doit pourtant de reproduire pour assurer la production des tâches les plus méprisées. Comment comprendre, dans ce [...]
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Parmi les vices de notre organisation concentrique : la mise en spirale infernale de notre désastre. Ainsi, parmi les pertes et profits de notre conditionnement à l’idéologie du profit, nos accidents de la route et nos incendies participe à notre effort collectif et inconditionnel de croissance économique. De même, toutes les maladies amènent leurs lots d’exploitants et d’entrepreneurs – en témoigne notre merveilleuse industrie pharmaceutiques  - qui avec talent savent convertir les souffrances humaines en marché économique profitable à ces financeurs. Un des trait saillant de notre modernité est l’industrialisation du spectacle : musique, cinéma, TV.... Nous déployons une terrible efficacité dès qu’il s’agit de faire de quelque chose un bizness. Bien entendu, la mort n’échappe pas à ce phénomène de marchandisation. Bien avant de citer l’industrie du tabac, ou celle de l’alcool, songeons simplement aux milliers de milliards de dollars dépensés chaque année dans les variés bidules dont l’unique fonction est de tuer. Bien sur, cette masse collossale d’argent gaspiller dans les rivières de sang que nos logiques marchandes font couler – parallèles aux rivières de pétrole et de billets que par nos sacrifices, nous espérons rapatrier --  pourrait tout aussi bien financer les solidarités nécessaire à notre vivre-ensemble et à notre devenir plus ou moins inéluctablement collectif – il s’agirait de pouvoir [...]
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Belle coalition que celle de nos révoltés… De tout les révoltés, à l’exclusion de ceux que la haine et la peur se fait se soulever – je veux dire, en premier lieux, de ces révoltés contre la mixité et la différence, de ces insurgés nationalistes qui défendent leurs conception mystique de la patrie et du sang ; mais aussi, cela ne va-t-il pas de pair, de ces révoltés simplement colériques, répugnant la réflexion au profit de l’action, et par là ils entendent violences,  de ces révoltés plein de clichés, et qui souhaitent se révolter plus pour avoir sur qui cogner que pour réfléchir et vivre de manière différente, évolutive, collective, dynamique et non ordonné ! Quelle coalition – parque-t-on des révoltés ? Comment les organise-t-on – la question, pour eux, ne devrait pas à avoir se poser. Ne sont ils pas révolter de se faire en permanence organiser ? Ne sommes nous pas fatigués, ne sommes nous pas révolter d’être en permanence infantilisé, domestiqué, moralisé, et exploité de surcroît ?  Alors, comment organise-t-on des révoltés ? Ce qui revient à dire : comment organise-t-on des révoltes ? Ah, la minable vision politicienne – gauchiste peut-être – que de vouloir construire et agencer des manifestations ou quelques autres grèves cadriées ! Si révolte il doit y avoir, aussi collective qu’elle soit, elle doit être autonome, c'est-à-dire sans cadre politique, [...]
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[mercredi 25 septembre 2002, par Maurizio Lazzarato] « Une vie ne contient que des virtuels » G. Deleuze 1. Dans un article précédent [1], nous affirmions que ce n’est plus le « temps de travail » que l’économie de l’information confisque et met au travail, mais le « temps de vie ». Faisons un pas en avant et cherchons à définir le concept de vie [2]. Foucault nous disait que le capitalisme se caractérise par l’institution de techniques de pouvoir qu’il qualifiait de « disciplinaires » et « bio-politiques ». Tandis que les premières avaient comme objet l’« homme-corps », les secondes investissent l’« homme-espèce ». L’une comme l’autre s’adressent à « la multiplicité des hommes » ; mais tandis que les premières transforment la multiplicité en corps, les secondes s’adressent à « la multiplicité des hommes, mais non pas en tant qu’ils se résument en des corps, mais en tant qu’elle forme, au contraire, une masse globale affectée de processus d’ensemble qui sont propres à la vie, et qui sont des processus comme la naissance, la mort, la production, la malédiction, etc. » [3]. La technique bio-politique « installe les corps à l’intérieur des processus biologiques d’ensemble ». Qu’introduit de nouveau ce temps de vie, impliqué par le post-fordisme, par rapport au concept de [...]
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« Le racisme, c’est la condition sous laquelle on peut exercer le droit de tuer... Bien entendu, par mise à mort, je n’entends pas simplement le meurtre direct, mais aussi tout ce qui peut être meurtre indirect : le fait d’exposer à la mort, de multiplier pour certains le risque de mort ou, tout simplement, la mort politique, l’expulsion, le rejet, etc. » Michel Foucault     Le racisme n’est pas simplement une tendance primitive à la bêtise ou à la peur, c’est aussi, voir surtout, une arme politique. A vrai dire, maintenant que nous savons a peu près tous que d’autres hommes existent avec des couleur de peau qui diffèrent de la notre, avec des yeux ou des mains différentes, mais aussi des idées et habitudes différentes, je me pose la question de savoir si le racisme pourrait perdurer avec autant de puissance – en ce qu’il s’agit de structurer nos socio-economie – s’il n’était pas en permanence alimenté et actualisé par le debatage mediatico-politique… Le Pen s’enflait, il y a quelque jours, de ce que « le Sarkozisme sera une dépouille desséché que le nationalisme sera encore vivant », et tragiquement, il ne semble pas dire ici une imbécillité. Comment perdure le nationalisme ? Qu’est-ce que le nationalisme ? Est-il foncièrement raciste ?   Le nationalisme, c’est fantasmer un pays, une mere-patrie dont les frontières ne sont pas [...]
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La peur est l’arme universelle des puissants. Peur de la vengeance que peut exercer la « violence qui se revendique avec succès comme seule légitime »… Peur de l’exclusion, autrement dit de la faim… Peur de l’autre… La peur de l’autre est toute particulière, elle est celle qui permet de détourner l’attention, de désigner un ennemi commun et ainsi de recréer le lien national que la dissolution du tissu social avait défait. « L’autre » sera donc de préférence celui qui à le plus de raisons de se plaindre, celui qui est déjà le plus misérable, le plus exclu. Ainsi, non seulement les victimes moyennes n’expriment plus leur colère envers les réels responsables, mais de plus ils s’acharnent sur ceux qui sont autant ou plus à plaindre qu’eux même –fonctionnaires ou immigrés – et ainsi, tendent à rendre inefficaces toutes mobilisations de ces sous-prolétaires et de ces prolétaires auxquelles ils appartiennent pourtant pour la plupart, de même qu’ils n’envisagent leurs propres actions qu’aux fins de pouvoir stigmatiser un peu plus ces faux coupables et revendiquer aux pouvoirs en place plus de sévérité, plus de cruauté, plus d’inhumanité et moins de solidarité envers ces fantasmés parasites… Et les vrais parasites pullulent et prospèrent tranquillement… Les centres de rétentions font foisons partout en Europe, des murs se dressent aux frontières que toutes sortes de militaires surveillent, et pourtant l’Europe a une natalité si faible qu’elle [...]
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Combien de temps encore devrons-nous écouter les experts spécialistes diagnostiquer dans leurs domaines respectifs les signes de la décadence, de l’enlisement, de l’engouffrement de tous dans la masse grégaire conditionnée par les instincts marchands, dans la perte collective et personnelle d’identité et de possibilité non-artificielle d’identification ?... Faut-il attendre d’avoir faim pour se révolter ? Faut-il craindre d’avoir faim pour se rebeller ? Ne suffit-il pas que certain aient faim, et qu’ils soient presque condamnés à l'avoir? Car si une révolution d’envergure ne s’envisage que lorsqu’une majorité des individus du système souffrent réellement, alors nos tyrans auront bien un jour l’intelligence de stabiliser une classe moyenne, alors les révolutions ne servirons peut être qu’à rendre de nouveau minoritaire le nombre des esclaves… Il faut que les solidarités se développent bien au de là des victimes les plus évidentes : il faut que ceux qui disposent d’un confort qu’ils estiment satisfaisant se demandent si il est possible de partager avec tous l’accès à un tel confort, s’ils ne profitent pas eux-mêmes de privilèges auxquels n’auront jamais accès une grande partie de l’humanité – du fait non d’une  déficience de la répartition, mais d’une impossibilité concrète, c'est-à-dire une impossibilité entre autre écologique de généraliser l’accès de tel confort à l’ensemble des humains vivants ou à naître de [...]
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L'absurdité de la logique du profit, du productivisme et de la société de consommation, transforme le gaspillage en outils de croissance et de richesses. Le gaspillage est un des piliers de notre economie, il soutient la rentabilité de nombreux secteurs sinon tous, il maintient notre industrie et conditionne notre développement économique. En effet, si nous ne renouvellions pas nos voitures, nos équipements de loisirs comme nos TV ou nos PC, et notre electro-menagés regulierement, il est certain que de nombreuse entreprises auraient declarées faillites. Mais nous gaspillons, nous jetons... Le gaspillage est tellement necessaire que la construction de nos appareils réponds à son exigence, afin qu'ils ne fonctionnent pas trop longtemps, et que nous devions obligatoirement en changer, des fois que nous ne le souhaitions pas particulierement le faire spontanément, étant resté insensible aux incitations publicitaires frénétiques.Nous jetons plus de nourriture qu'il n'y en à besoin pour nourrir tous les affamés de la terre, mais donner gratuitement, c'est prendre le risque de perdre des marchés... 
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Révolte et convulsions, spasmes, spontaneités protéïformes ephémères.Ruine d'un monde; changement d'ère; boulversements oui, mais discrets, ruptures diffuses... Le tout étant de gérer l'agitation provoquée. Un monde s'écroule, et je n'ai presque pas eu le temps d'y vivre, d'y participer. Ce monde ? Cet espoir d'avenir ? C'est celui de la resistance envers toute forme de barbarie, de déshumanisation; c'est celui d'une société solidaire ou certains biens constitutifs des libertés concrètes sont accéssibles à tous: la santé, le savoir, les ressources pour se nourrir et se loger... Ce monde était l'espoir de ceux qui avaient resistés au plus technique des massacres, à la plus complète deresponsabilisation de l'individu,  à la domination du troisieme Reich, au gouvernement de Vichy... Ces resistants ont essayés de reconstruire une société sur les bases de la solidarité, grace à un service public dont le role ne serait pas de générer du profit mais de donner à tous l'accées concret à certains droits.  Fini. Maintenant, la "modernité" n'est plus l'humanisme, ni la solidarité sociale; aujourd'hui, être moderne, c'est vendre et acheter, c'est pouvoir vendre et acheter, n'importe ou, n'importe quand, n'importe [...]
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Un débat, pour être qualifiable de démocratique, implique la participation des citoyens à la discussion. Cette participation est fictive dans notre Démocratie: le débat est l'affaire d'experts et de politiciens, et il est médiatisé, c'est à dire qu'il se tient à distance et impose donc au citoyen un role de spectateur. Le peuple est consulté par des sondeurs, dont il ne faut douter de l'efficacité à interroger les aspirations d'echantillons censé être representatif, et les projets politiques sont communiqués avec pédagogie -démagogie ?- afin que chacun choisisse finalement. Mais ce choix n'est pas réelement libre, car si tous individus possedaient les moyens d'un jugement libre, c'est à dire informé, alors il n'y aurait aucune raisons de réserver le débat à des experts. Ainsi, nous savons que ce choix n'est pas à proprement basé sur une argumentation politique et une vision sociale cohérente, elle n'est d'ailleur pas censé se prononcer sur ce qu'il lui semble l'interet général mais plutot sur ce qui lui semble le sien; ce choix se base sur une composante affective, d'ou l'essort des conseillers en communication, et sur une compréhension partielle des enjeux et des possibilités. L'exclusion du débat est à l'origine d'un [...]
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Politique et Société


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