Le modeste confort dont jouie la masse des travailleurs exploités est précaire: la compétition économique leurs interdit définitivement l'insouciance, la menace d'une dégradation d'un niveau de vie dejà insuffisant incite constament le travailleur à accepter les conditions de travaille qu'on lui impose. L'exploitation est toujours exploitation d'une certaine misère: materielle, lorsqu'il s'agit des taches errintantes et sous-payés, misère intellectuelle, lorsqu'il s'agit de gerer et maintenir les inégalités et la pauvreté. Et la crainte d'un appauvrissement pecunier ou d'un inconfort materiel inhabituelle incite à ne pas trop considèrer notre avilissement intellectuel, de même que celui qui subit déjà la conséquence de notre inhumanité économique n'a pas véritablement la possibilité de se poser la question de sa participation au système qui l'appauvrit.
L'autorité est efficace lorsqu'elle transforme le fait d'obeissance en sentiment de respect et besoin de protection. La protection, dans une société de compétition, s'obtient éventuellement et uniquement lorsque nous sommes à son service: soit que nous faissions partie des "puissants" qui érigent et jouissent des regles, soit que nous soyons leurs serviteurs-protégés. Ainsi, le conformisme, qui est l'adoption presque inconsciente des conventions exigées par le dominant comme signes de soumission tacites et symboliques, devient la condition normale de la réussite socio-économique, de l'insersion professionnel et de l'avancement de notre carriere. Or l'obeissance aux conventions et normes de comportement vis-à-vis de ceux qui nous dominent est et reste dans le cadre de la compétition: nous nous vendons, d'autant plus que nous esperons ensuite être promu et diriger. La compétition attise donc la docilité et la serviabilité des uns, déchaine et enfle l'orgeuil névrosé des autres - et condamne tous le monde à l'irrésponsabilité et l'infantilisme.
Par conséquent, le degrés d'absurdité criminelle auquel s'élève notre communauté humaine, bien qu'amplement commenté et démontré, reste inaccessible à la conscience. L'instinct de survie,[…]
L'etat de domestication des individus de notre société-compétition n'équivaut pas à un parfait dressage: l'esprit critique n'a pas disparue et l'autorité ne semble plus necessairement légitime à tous, y compris lorsque cette autorité dépend d'une démocratie représentative. Pour autant, cette autorité n'est pas directement menacée, et son mode éléctif semble l'incarnation de la plus juste démocratie à beaucoup de concitoyens. C'est que la domestication ne se réduit pas au dressage - si celui-ci est un idéal absolu pour ceux qui souhaitent etre tyrans, il rencontre tout de même quelques resitances dangereuses de la part de certains. Par conséquent, notre etat de domestication - qui n'est pas le fait de quelques-uns mais de tous - témoigne au delà de notre passivité d'une complicité plus active, plus engagé. Nous sommes domestiqués en tant que nous habitons notre société, notre milieu professionnel et affectifs, c'est à dire en tant que nous y sommes relativement habitué. Ainsi, l'esprit critique, ou bien se détache de la possibilité d'action et de responsabilité, jusqu'a parfois se refugier dans une position septique, ou bien néglige l'etat de domestication impersonnelle duquel il cherche à s'émanciper et ne[…]
La première instance de domestication d'un individu est la famille et l'institution scolaire, ensuite il s'agit du reste. Elle consiste à adapter et habituer l'individu aux conditions de son existence jusqu'a ce que sa docilité soit assurée dans le milieu considéré. Ainsi, la domestication est un processus alliant dressage et motivation, crainte de la punition et espoir d'affection ou de reconnaissance.
La première instance de domestication d'un individu est la famille et l'institution scolaire, ensuite il s'agit du reste. Elle consiste à adapter et habituer l'individu aux conditions de son existence jusqu'a ce que sa docilité soit assurée dans le milieu considéré. Ainsi, la domestication est un processus alliant dressage et motivation, crainte de la punition et espoir d'affection ou de reconnaissance.
Etre libre n'est pas simplement posseder l'illusion de certains choix, il faut encore savoir et comprendre les motivations de nos choix et de nos envies. Et ces motivations doivent être personnelles pour être libres - elles ne doivent pas simplement dépendre des motivations de notre entourage ou de la masse. Si nos choix ne sont peut être jamais indépendant de nos rapports sociaux et affectifs, ce n'est pas uniquement de ces rapports que doivent se conclure nos décisions, et ces rapports et leurs influences ne doivent pas nous rester totalement obscurs - sans quoi ce n'est jamais par notre conscience propre que nous agissons mais au travers de notre conscience sociale, c'est à dire en fonction d'un regard irrationnalisable puisqu'exterieur et diffus.
Etre libre, c'est donc aussi s'émanciper des attentes de la masse et de l'autorité pour conquerir une certaine autonomie. Et cette autonomie est un moteur de la responsabilisation des individus, elle est donc nécessaire pour s'opposer à l'irrationnalisme barbare de notre organisation humaine.
1. Individualisme et compétition...2. Marchandisation du réel et consumérisme. 3. morale et raison: peut on penser une vertue de l'egoisme ? 4. Rationnalité économique et cruauté structurelle. 5. La concurrence stimule-t-elle les talents ?. 6. Société du[…]
La discipline est efficace uniquement pour manipuler et controler une certaine masse d'individu. Elle assure une obeissance inconditionnée: le discipliné delègue sa volonté, sa responsabilité et progressivement sa conscience aux ordres de l'autorité. L'organisation disciplinaire est essenciellement autoritaire et inégalitaire. Est-elle arbitraire ? La discipline imposé à une armée, aussi nécessaire soit elle d'un point de vue stratégique et pratique, n'a t elle pas pour fonction de neutraliser la conscience de ceux qui pourtant sont le plus concernés, ceux qui vont tuer et mourrir ? La discipline scolaire peut elle avoir pour fonction de former des individus libres, conscients et responsables ? Non, la discipline est la manifestation constante de sa soumission et de son obeissance - elle inculque, dans le système scolaire ou ailleur, le respect imbécile de l'autorité, aussi imbécile qu'elle soit aussi. Et ce respect, c'est à dire cette soumission psychologique, constitue le préalable aux comportements névrotiques découlant de la dépendance et du besoin de l'autorité. En ce que la discipline ampute à notre individu une bonne part de notre esprit critique, c'est à dire de notre individualité, et que par conséquent elle protège l'autorité de toute remise en cause ou[…]
L'autorité et la discipline sont antinomique de la liberté et du respect. Mais pour que l'autorité s'accomplisse et effectue son imbécile tyranie, il lui à fallu corrompre le langage, et se déguiser en justicier.
L'autorité et la discipline sont antinomique de la liberté et du respect. Mais pour que l'autorité s'accomplisse et effectue son imbécile tyranie, il lui à fallu corrompre le langage, et se déguiser en justicier.
Qu'est-ce que respecter l'autorité ? Le respect ne suppose-t-il pas la liberté de conscience ? Respecter n'est pas se soumettre; et pourtant, l'injonction est toujours de "respecter l'autorité" - euphémisme corrupteur. Le détournement du langage est aussi détournement des consciences. Consacrer une valeur intrinseque à l'autorité, la définir comme le vecteur indispensable de l'ordre et de la paix sociale, c'est considérer la liberté des individus et des consciences comme associale, c'est aussi supposer évident le bénéfice d'une organisation inégalitaire, c'est à dire hierarchique. Le respect de l'autorité, en tant que soumission d'ordre mystique -car en tant que respect, il y a soumission physique, psychologique et idéologique- ne s'impose donc qu'en niant la liberté et l'égalité, et conduit par conséquent[…]
L'école et ses institutionnaires réclament le retour à l'école de la discipline, de l'ordre et du respect unilatérale. C'est qu'à laisser librement s'effectuer la formation d'un individus potentiellement curieux et questionneur, nous prennons le risque de voir remettre en cause notre propre pouvoir d'adultes assagis et cadrés, notre propre autorité et notre savoir, nos methodes et notre légitimité à exiger, à soumettre, à catégoriser... L'idée est bien séduisante: favorisons la prise d'autonomie, amenons l'enfant et l'adolescent à posséder ses propres moyens de construction, de determination, donnons lui la possibilité de penser par lui même ! "Et puis - quoi ? Et puis le voila capable de questionner nos valeurs, avant même qu'il ne soit embrigadé par l'individualisme ambuant qui conditionne tout effort de réussite, alors même que le souffle puissant de son enfance s'insurge lorsque ses yeux s'ouvrent sur l'ecart abyssale qui sépare les discours bon-enfant qui hantaient ses oreilles juvéniles d'injonctions et de justifications morales, et les comportements socio-bestiales que nous adoptons face au réel. Voilà l'adolescent, dont les hormones poussent déjà à la révolte et à l'affirmation de soi, le voilà libre de se diriger là[…]
La marchandisation du savoir et de l'information, et le règne de son abondance univoque sature l'espace médiatique de la spectacularisation de l'horreur, de la souffrance, du crime, des guerres et des cataclismes. Cette saturation et sa forme spectaculaire accable notre puissance d'agir, banalise l'insoutenable et nous y habitue jusqu'à ce qu'on l'ignore ou bien la supporte. La banalisation des implications funestes et morbides de notre hierarchie-compétition mondiale, et pire, générale, conduit à la normalisation des inégalités et des rapports de force les plus criminels. Cette normalisation alimente le fatalisme stupide qui console et conforte notre impuissance et notre irrésponsabilité suposée. L'horreur-spectacle nous informe par le biais de l'émotivité, jusqu'à l'insoutenable et par suite jusqu'à la neutralisation de notre réfléxion. L'ampleur des inégalités et de la hierarchie, et les conflits inombrables et mutiformes qui en résultent, une fois mise en scene par l'info-spectacle et la médiatisation visuelle de l'horreur et des crimes qu'organisent la structure et les fondements de nos rapports, apparaissent alors comme une fatalité exterieur a notre volonté et à notre pouvoir. Banalisation forcée par l'excée d'insoutenable, jusqu'au sentiment de l'insurmontable ?[…]
. Désespoir et déresponsabilisation. La compétition généralisée comme mode d'organisation sociale, et la consommation comme identification-affirmation de soi, à soi et aux autres, en tant que tentative d'évasion et de justification de l'existence, isole radicalement l'individu, et par conséquent l'éloigne aussi de lui-même, « l'aliene ». L'isolement, ou plus largement « la séparation », prolonge l'ignorance et ainsi la dépossésion de l'Histoire comme émanation du collectif. Alors même que les structures législatives et économiques en place permettent et organisent l'exclusion et la misère de la majeure partie du genre humain, plus personne ne se sent responsable du malheur d'autrui. Et le malheur est si abondant qu'il deviendrait nauséeux de trop s'en préoccuper, tant qu'il ne nous concerne pas – « chacun a assez à faire avec ses propres problèmes ». « Puisque l'on ne peut rien, nous n'y sommes pour rien », et puisque nous sommes dépossédés de l'idée de notre puissance, notre isolement collectivisé et notre désespoir se renforce, et ainsi renforce l'idée de notre irrésponsabilité, ect...
. Passivité et participation. Corrolaire à notre[…]
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