. La compétition à pour fonction de légitimer la hiérarchie. Celle-ci devient « rationnelle » si l'on accepte de distinguer les méritants des oisifs, les efficaces des désinvoltes. La hiérarchie est l'organisation de la soumission des individus afin de récupérer le produit de l'effort collectif; habillé du déguisement du mérite, la hiérarchisation des pouvoirs structure les inégalités, autrement dit correspond à une hiérarchisation de l’accès aux richesses, à l'autonomie, à la culture, à la santé, à la liberté... La compétition et la hiérarchie naturelle qui s'en déduit organisent nos vies de l'enfance à la mort, de la scolarité à la retraite. Sa logique et son effectivité sociale ne résulte évidement pas d'un contrat social: l'insertion de l'individu dans la compétition est forcée, sa position d'élève dans la classe, son rapport au professeur et aux autres élèves l'avertissent des règles du Jeu alors même qu'il ne peut les réfléchir, prendre ses distances. Ainsi, un bon élève est un élève discipliné, attentif, calme et poli, travailleur... La soumission aux règles est exigée, non leurs[…]
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. La rationnalité séléctive de nos organisations hierarchiques provoque certes l'isolement des individus et la lutte plus ou moins consciente de tous contre tous, favorise le developpement des instincts machiaveliques et les consommations de drogues dopantes ou réconfortantes, mais plus encore, elle entraine l'inhibition du rêve et de la vision poétique du réel, elle effiloche progressivement le naturel des relations humaines via le désaprentissage de la convivialité, de la cordialité, de l'amicalité... Par ailleurs, la nécessité économique de la croissance perpetuelle de la consommation – et donc de la production – se traduit et s'informe dans les consciences par la double idéologie du travail et de l'avoir; la réduction de l'être à "l'avoir" réduit l'humain à un consommateur et à une apparence. Affirmer sa personnalité, son rang et son groupe signifie aujourd'hui acheter certain objets et loisirs, et se deguiser d'une certaine façon; exister, c'est s'afficher; s'affirmer revient se masquer, à trouver son style. Les liens qui structurent aujourd'hui le plus manifestement les groupes d'individus consistent en affinités des comportements de consommations. Mais il ya pire. A l'expression « tu as trouvé ton bonheur ? » que l'on lance à celui[…]
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. Le travail et l'effort comme relation concurrencielle, l'exigence d'efficacité, de rapidité et de rentabilité immédiate -qui miserait aujourd'hui sur l'avenir ?- sont les conditions à un développement d'une société du dopage généralisé. Caféine, cocaine et speed, viagra, sodas schampoings cremes et pillules « énergisantes » d'un coté, tabac, alcool, cannabis, antidépresseurs et somnifères de l'autre, assurent à notre socio-économie une stabilité, une dynamique et une efficacité à laquelle elle ne pourrait prétendre si ces drogues ne faisaient leurs effets. La religion est tombée, l'opium est de nouveau l'opium du peuple. Mais la chimie ne se consomme alors plus uniquement en vue d'endormir et d'adoucir sa rage et sa tristesse, mais aussi et de plus en plus pour accroitre son potentiel compétitif... Notre sur-homme a les narines les poumons et le foie encombrés. La compléxité de notre économie mondiale, l'aléas des fluctuations des valeurs et le reseaux de pressions politico-médiatique ne laissent pas oisifs les nouveaux compétiteurs modèles de la suradaptation au Marché-Monde; si les golden-boy et PDG sont bien huilés c'est aussi parcequ'ils sont des rouages fortement sollicités. L'aliénation n'est pas[…]
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. La concurrence de tous contre tous, dans l'entreprise, entre entreprises et entre nations, constitue en théorie une stimulation poussant tout le monde à donner le meilleur de lui même, à être et à rester dynamique. Être efficace, disponible, rapide, s'acharner au travail  et s'épuiser d'efforts, pourquoi ? Pour réussir ? Travailler pour quoi, et pour qui ? Efficace à quoi et disponible pour qui ? Agir rapidement, ne pas perdre de temps, seul l'effort paie ! – de quelle monnaie ? De quel bonheur ? La société marchande, du travail et du mérite est celle où l'on vend ce que l'on possède, et lorsque l'on ne possède rien d'autre que son temps, ses muscles et ses bras, c'est cela que nous vendons, et uniquement s'il y a acheteur – car l'on crève de ne rien vendre.L'effort réclamé pour voir sa « carrière » progresser est d'autant plus important si les gradés s'acharnent à se soumettre entièrement aux exigences de leurs postes, d'autant plus important si nos équivalents participent eux aussi avec ambition à la compétition: les exigences de l'employeur peuvent ainsi augmenter jusqu'à l'essorage complet des employés, s'enfumant de nicotine pour embrumer leurs angoisses, se shootant pour dormir où se détendre. La société de la[…]
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. C'est un homme froid et cruel qu'honore notre époque, c'est un homme soumis et ambitieux qu’il exploite, c'est un homme triste, dément ou révolté que fabrique le Grand jeu spectacle de la hiérarchisation des humains. Le modèle de la compétition et de la méritocratie affirme une logique de sélection économique qui élimine les moins productifs et moins serviables, et récompense plus ou moins les autres. Donner à celui qui sert, de sorte que rien ne soit donné gratuitement – et les oisifs crèveront de leur mal ! La logique efficiente de notre société est celle du darwinisme social: la pauvreté est considéré comme symptôme d'inadaptation à l'ordre économico-rationnel, elle est donc l'effet de la déficience mais aussi sa solution: le misérable, si nous ne lui venons pas en aide et l'empêchons de s'emparer de nos précieux fardeaux, disparaît de lui même et de là, ses enfants aussi. Serait-ce exagérer ? Des millions d'humains sans toit au sein de nos frontières, des centaines de millier d'enfants pauvres en France... Si Malthus n'est pas le penseur à partir duquel on écrit son discours, c'est à partir de sa cruelle logique que l'on rédige les lois, que l'on organise notre rapport au reste de l'humanité. 2 Milliards[…]
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. La « réussite personnelle » correspond dans nos sociétés à quelque chose de relativement simple, il s'agit de bien gagner sa vie, de pouvoir se payer loisirs et superflus. Notre pariticipation-intégration à la société s'effectue ainsi au travers d'un double statut: celui de travailleur ou de gestionnaire, et celui de consommateur – la consommation étant le moteur nécessaire de la production, la double finalité du travail et de l'exploitation. Elle se fait, de façon plus ponctuelle, plus factice et moins efficiente au travers de notre statut de citoyen (élection, manifestation...). Réussir dans nos sociétés, ce serait donc accepter les règles du Jeu et essayer d'en tirer profit.. C'est donc faire partie des gagnants, et cela réclame de consentir à l'exclusion des perdants ; c'est s'accaparer contre les autres une place réservée à une minorité. Réussir c'est alors dominer et accéder à des privilèges, que l'on revendique -en actes ou en mots. La réussite personnelle n'est plus envisagée comme la possibilité de vivre selon ses fins, ses idées, ses joies et ses espoirs, mais elle nous est présenté comme une lutte, une compétition, un rapport de force entre individus concurrents – les hautes places sont[…]
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. La morale s'est muté en raison, la raison est devenue égoïste, la rationalité égocentré. La raison s'est muté en intelligence, jusqu'à se confondre avec la ruse. Peut-on penser une vertu de l'égoïsme ? Peut-être, si l'on suppose que tout être comprend que ses intérêts ne peuvent contredire ceux des autres sans que cela ne se retourne contre lui, sans qu'en surgissent des conflits, luttes, vainqueurs et vaincus, dominants et soumis.Peut-être aussi, si l'on considère que la domination des vaincus par les vainqueurs est naturelle, qu'ainsi la juste et fructueuse loi du plus fort réalise son oeuvre équitable, récompense les forts, donc méritants, et punis les faibles du seul droit d'obéir et de se soumettre pour s'élever. La raison peut elle supporter une pareille logique ? Une raison froide, plus scientifique qu'humaine, une logique fermée à l'expérience de l'autre, aux ouvertures empathiques et sympathiques des êtres, peut éventuellement prétendre gérer l'organisation et l'évolution d'une société selon la cohérence d'une société d'insectes, de robots dont on entasse les carcasses inutilisés, abîmés ou insuffisamment efficaces. Une raison humaine, elle, se doit de penser l'organisation sociale et l'économie comme[…]
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. Nous envisageons et bâtissons au travers de la représentation d'un progrès irréversible et positif, l'évolution de la  société, des rapports organisationnels inter-humain, par une réduction à l'organisation économique de l'échange. La société que nos comportements réclament et construisent est celle de la société marchande, de la société de consommation; nos activités sont celle du travail-production et celle de l'achat-consommation (d'objets, d'images...). Tout se vend, tant que tout s'achète ; tout s'exploite... La marchandise absorbe la totalité du Réel : air, eau, nourriture, santé, éducation, science, savoirs informations, arts, loisirs et spectacles, opinions publique, lois, politiques et citoyens, corps muscles et sueurs, travailleurs où esclaves, armes, relations sexuelles, amicales et sociales, rencontres et plaisirs en tout genre, spécialités du monde entiers, technologie à tout où rien faire, bidules, gaz et pétrole, idées,  découvertes, gènes, virtualités... La totalité du réel se trouve progressivement récupérée à des fins de rentabilité... Nous consacrons nos efforts et inconsciences collectives – individualisme oblige - à la société de[…]
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1. Individualisme et compétition...2. Marchandisation du réel et consumérisme.   3. morale et raison: peut on penser une vertue de l'egoisme ? 4. Rationnalité économique et cruauté structurelle.    5. La concurrence stimule-t-elle les talents ?. 6. Société du dopage 7. Drogues et société de consommation 8. Humiliation et flatterie... 9.Méritocratie ou reproduction des classes ? 10. L'école de la selection 11. Société raciste.   12.Société sexiste.    13 . Société du mérite ?  14.L'individu et les masses. 15.. Le spectacle de soi. 16.. Grégairisme et mimétisme. 17. Auto-manipulation et manipulation. 18.. Désespoir et déresponsabilisation. . Passivité et participation.  19. L'info-spectacle et la banalisation de l'horreur. 20. De la culture de la rentabilité à la rentabilité du savoir.  21.Respect de l'autorité. 22.. Bête et discipliner.         Que devient la vie, l'existence humaine - individuelle et collective - lorsque  la sphère sociale tend à se réduire à un espace de compétition, lorsque autrui prend la forme quasi-exclusive du concurrent ? L'individualisme qui anime et modèle les consciences et[…]
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La faim ou les problèmes de sous alimentations sont responsables chaque années de la mort de millions d'enfants: la faim est la cause de 50% de la mortalité infantile dans le monde. Et depuis 15 ans, les progres sont minimes...Ainsi, dans certain pays, 4/5 des enfants ont une insufisance pondérale; a l'echelle de tous les pays en developpenment, cela represente 27% des enfants ! presqu'un tiers ! Plus de la moitié d'entre eux se concentrent dans trois pays : le bangladesh, l'inde et le pakistan..Pourtant, la cause des enfants et celle de la faim sont des sujets qui nous preoccupent tous, a differents degres certes. Il est pourtant necessaire de prendre réelement conscience de ce drame incommensurable, et d'agir en conséquence... Si les responsabilités d'un tel etats de faits sont difficilement attribuable a tel ou tel, c'est certainement que d'une certaine facon, nous partageons tous la responsabilité d'une pareil situation dès lors que l'on considère que nous possédons quelque moyens d'agir. Trop souvent, trop de personnes ne s'en serve pas et ainsi derogent librement a leurs responsabilités, et trop souvent cela se fait sous le masque de l'impuissance. Nous feignons de n'en rien savoir ou de ne rien pouvoir y faire... Si il est certain que les politiques, les medias  ou les responsables économiques, de par leurs moyens d'actions -pouvoir, relations, finances, structure,[…]
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