A l’adaptation au monde du travail correspond l’adaptation non seulement aux règles cyniques de la compétition mais aussi aux modes d’évasions, de loisirs et de repos de la société marchande. Du moins, nous nous adaptons à la société de consommation et à ses idéaux en partie parce que nous tentons déjà de nous adapter à nos conditions de travail dans une société productiviste ; mais il est aussi vrai que nous nous adaptons à notre travail parce que nous acquiessons déjà la recherche d’un bonheur fondé sur l’apparence - donc l’arrogance – et sur la frénésie d’acquisition futile ou de consommations gourmandes – donc le caprice… 

    Et la publicité nous promet récompense, de même que nos gouvernements populaires… Et la publicité nous promet joie, sexe, sérénité, jeunesse, profits et plaisirs… Nous déchantons : soit que nous n’avons pas les moyens de réaliser ces fantasmes capricieux et inconsciemment assassins, soit que nous pouvons y succomber et s’apercevoir presque aussitôt de la persistance de notre insatisfaction, de notre vide, de notre désir insatiable d’exister. Ce désir peut s’étouffer jusqu'à perdre le chemin de la conscience, mais il ne pourra jamais être comblé de distractions et d’apparats non seulement éphémères mais surtout artificiels, construits, standardisés et déshumanisés par les objectifs rationnels de rentabilisations.

publié dans : [ cogitations et philosophie ]
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