Vaste foutoir où s'entassent les esquisses de mes réflexions sur les brouillons de ma litterature...
Les gens beaux se regardent souvent dans un miroir, s’observant, ils sculptent les réflexes de leurs mimiques avantageuses… Les gens intelligents réfléchissent comme pour se faire réfléchir leurs intelligences, comme pour se l’a voir miroité quelque part face à soi. Les croyants, lorsqu’ils s’auscultent ou se réfléchissent, ils observent leur croyance, croient tout d’abord en elle et de là la font croître. Les flatteurs, biens sur, cherchent par leur médiocrité quelques réciprocités, quelques reflets de leur propre médiocrité, quelques signes hypocrites valorisant leurs existences, aussi vides que leurs compliments. Les curieux en général sont peu souvent curieux des autres : ils préfèrent les assommer de leurs lubies, scrutant chez l’autre la manifestation de ses propres intérêts, voyant chez l’autre un moyen de refléter ses curiosités. Les pédants, ah les orgueilleux pédant, qui ne l’ouvrent que pour la faire fermer, qui n’interviennent que pour interrompre, qui ne calculent qu’afin d’humilier ou de dominer, qui ne vivent que par une sorte de plaisir sadique, une fatuité qui se repose sur le mépris de l’autre et la méprise sur soi : ils contemplent dans le reflet de leurs misères l’illusion de leurs grandeurs…Les artistes … Les artistes projettent par gestes et visions les flux, courants, vents et tonnerres qui débordent le potentiel de communication actuel.
L’art… L’artiste, donc, projette le reflet de sa singularité, exprime singulièrement sa particularité, cherche dans son œuvre et au travers de son impact sur les autres les moyens de sa réflexion. L’artiste est celui qui déborde. L’artiste est celui qui ne se satisfait pas des moyens d’expressions et de communications usuelles pour parvenir à retranscrire un discours qu’il pourrait à posteriori réellement comprendre : L’art est l’échappatoire à l’étroitesse de l’expression de notre potentiel créatif via les possibilités conventionnelles et habituelles de communications : l’art est –ou devrait être- le moteur de la progression de l’intersubjectivité, donc de l’intercompréhension, donc de l’épanouissement de l’individu par le biais d’une communication libre et riche d’une pluralité de point de vue au sein d’une collectivité .
Reprenons. Ce que l’on nomme art, c’est un message qui ne s’inscrit pas réellement dans le cadre habituel d’une communication : ce n’est pas seulement un objet fixant un message, qui peut bien être une émotion, c’est une tentative d’expression si sincère que sa singularité s’oppose à priori à la communication, mais qui au lieu de cela, provoque chez certain spectateurs l’effet d’une communication infra subjective qui surpasse et transcende la communication intersubjective habituelle : l’art est à la fois ce qui se confronte à l’impossibilité d’une communication concrète d’une expression véritablement subjective et ce qui ouvre la voie au dépassement des possibilités actuelles des échanges communicationnels humain.
Poursuivons, mais détendons nous… L’humain est beau, intelligent, mystique, faible, curieux, orgueilleux et artiste. Bien plus que cela, certes, mais au moins cela. L’intelligence rend beau, ou peut être que le beau est intelligence, la mystique rend faible curieux pédant ou artiste, la faiblesse rend mystique, orgueilleux ou artiste, la curiosité mystique ou artiste, l’orgueil rend, d’une manière ou d’une autre, artiste. /La détente ne se fais pas sentir, patientons /.
Alors, homme, es tu bon ou es tu faible ? Je veux dire : ta bonté est elle faiblesse, mysticisme ou orgueil ? Ou est-ce vraiment beauté ou raison ? Mais alors, pourquoi affirmer quelque intelligence ou beauté en l’humain ? Le reste ne suffit il pas ? Qu’est ce que le beau en l’homme ? Ne serais-ce que son intelligence ? l’éternité de ses concepts logiques ? Ou bien l’homme n’est il beau que parce qu’il à moins de poils, point de plumes et ni d’écailles ? Foutre ! L’humain est beau car l’humanité est belle : l’humain est beau car ces traits sont ceux d’une forme dont l’agilité se fait doigté : dont la maîtrise, bien plus que de se faire technique, se fait art : car nos mains ont certes construit nos pianos ou nos violons, mais elles les ont fait pour nos doigts, et bien au-delà de leurs facultés présumés… L’humain est beau car sa logique peut se faire chaos : car il réfléchit maintenant aussi bien le chaos que l’ordre, ou plutôt qu’il est presque mure pour ne plus les distinguer de façon si tranchée. Sans déconner : l’humain est beau car la femme est possiblement sublime, muse transcendante, courbes esthétiques en soi : attraction esthético-physique : qui relie nos yeux à notre chair non pas uniquement comme la bête relie sa chair à l’attirance olfactive des hormones saisonnièrement chaleureuses de sa partenaire, mais comme à un monde ou les formes sont belles en soi dans l’être qui les incarne. /Bien sur, je m’apprête a m’embrouiller ; débrouillons nous ou débrayez cet enlisement – questionner le beau est complexe, et la question de la beauté féminine – qui ne peut se réduire à une sublimation de l’attirance sexuelle, car après tout, je trouve une femme belle aussi d’une façon qui a rapport avec toute autre chose que je trouve belle-- passons/. L’homme est beau car il est artiste, et pour reprendre l’absconse mais traditionnelle déduction, ce qui est laid ne pourrait produire le beau… conneries…
L’homme, artiste dis tu ?
C’est que j’ai définis l’art comme expression outrepassant la communication habituelle ou usuelle
Quelle langage oiseux !...
Je vous en prie, traduisez .
C’est que l’artiste invente sans cesse ses mots pour parler…
Oui, c’est à peu prés cela
C’est que l’art n’est pas une langue, mais la tentative d’un nouveau langage sans grammaire, sans orthographe, sans code ni règles conventionnellement admises et usées, mais proprement personnelle !
Oui, c’est à peu près ça…
Mais alors ? La littérature, qu’est-ce ? La peinture et ses lois de la perspective, qu’est-ce ? Mais le théâtre, mais la sculpture, mais la musique, qui ne sont qu’application de techniques visant à une certaine harmonie, la plupart du temps régulé par un ensemble de règles naturelles ou établies ?
Tu m’as bien compris, je ne contredis pas cela. Bien sur, la poésie, même en alexandrin, est poésie, et peut donc être art ; bien sur la littérature et le théâtre use du langage usuel, tout comme la sculpture use des lois de la matières… Tu n’avais qu’a mieux me traduire…
Je recommence, mais comment ne pas devenir verbiageux lorsque l’on se veut si complexe : saches que les idées simples ont le charme de leur simplicité. Donc, tu voulais dire : l’art n’est pas une langue, quand bien même il utiliserait un langage ; l’art n’est pas un ensemble de règles quand bien même une œuvre peut procéder d’un ensemble de règles ; l’art n’est pas un langage familier, mais il est l’expression d’un langage commun ; et si l’art est impersonnel l’artiste n’œuvre qu’à l’exploration de sa personnalité fluide et fluctuante et aux possibilités de ses expressions nébuleuses ; et si l’art est le media d’une inter-subjectivité incommensurable et générale, l’artiste ne projette qu’un instant&né d’une subjectivité singulière qui se déforme et s’enrichit dans la durée ; et si l’art doit nous permettre de songer à l’universelle connexion du genre humain, il est pourtant l’expression d’une singularité humaine impénétrable par excellence : témoin vivant de la faillibilité du mécanisme universel face à la créativité créative – c'est-à-dire non mécanique- face à l’explosion de sens lié à l’accès riche et complexe de notre conscience à nos sensations, face à la singularité comme expression personnelle d’une digestion -comme brassage chaotique- de nos divers rapports aux mondes, accumulées et relativement mémorisées.
Ai-je dis tout cela ?
Oui, à peu prés
Mouai. Ce n’est pas que tu me contredises, mais tu as tant développé…
Je renveloppe ?
Ouai, remballe …
L’art est le langage humain par excellence : il est origine de toutes communications non bestiales, de toutes humanités – car ce n’est pas notre tendance à l’organisation fourmilière qui nous distingue… L’art est l’expression révolté et subversive d’une incapacité à s’exprimer communément ; l’artiste est celui qui pour s’exprimer doit révolutionner les moyens habituelles de la communication.
Certes…
Et alors, artiste ?
Moi ?
Qui d’autre ?
Je ne sais pas, l’homme ?
Oui ! l’humain, tu me disais qu’il était artiste ?!...
Mais tu as bien compris pourquoi
Car toujours, l’élan qui pousse l’humanité vers son talent tranche et bouleverse les habitudes mécanistiques, car toujours la créativité qui s’exprime en l’homme conduit à sa révolte contre les limites qui sont imposé à son individu, à son affirmation, à son témoignage, à l’expression de sa rage ou de sa sensibilité…
Tu as bien compris pourquoi… Vas y, braques toi… Vas y, oppose moi tes sages raisons…
Mes sages raisons… Ou l’exposition de tes médiocres confusions ?..
Exposes…
L’art n’est rien. L’art n’est qu’un mot d’orgueilleux et de pédants… L’art est une sorte de pirouette : une cambrure, peut être une sorte d’écartèlement volontaire de l’esprit : l’art est la croyance mystique à la fois au beau, à la fois en la créativité, à la fois en la singularité irréductible de l’expression individuelle, et donc encore en l’individu singulier et créateur de beauté… L’art est l’orgueil de l’oisif illuminé : les premiers prêtres de toutes les confessions étaient en quelques sortes artistes – je veux dire vaniteux, brouillons, solitaires mais dépendants du regard de l’autre, de leur influences sur l’autre, je veux dire corsaires, intrépides ou bornés… L’art n’est rien, ou plutôt, n’est qu’une simple prétention.
Et quelles sont les prétentions de l’artiste ?
Je crois en avoir assez dis… Déduis donc.
Pour parler selon ta prose allégé : l’artiste à prétention d’imprimer l’expression éphémère d’une intuition et d’un jet momentées à la face toute entière de la communauté humaine présente et à venir… L’artiste a la prétention de condenser au travers l’incompréhensible de son expression l’incommunicable de sa singularité - oblitérant l’aspect purement ponctuel des caractères momentanés de son identité fluctuante…
Ai-je vraiment dit tout ça ? Quoi qu’il en soit ta prose n’a rien d’allégée.
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