Vaste foutoir où s'entassent les esquisses de mes réflexions sur les brouillons de ma litterature...Je suis douillet, bien plus que mon corps n’est fragile. Est-ce cela, ne plus être bête, ne plus être fauve ? Est-ce, en plus de sentir ses blessures, de surcroît les ressentir, comme si nous avions une âme qui souffrait sous cette chair meurtris : comme si les blessures de notre carcasse prenaient vie par l’intermisse de notre conscience. Et notre degrés de civilisation signifie pour beaucoup absence de douleur, bien plus que plaisir : pour satisfaire au minima un individu, faite lui taire les souffrances du corps, et son âme habitué à un confort si tranquille sera près à beaucoup de bassesse pour ne pas avoir à endurer la souffrance de nouveau. C’est que nous nous sommes rendus douillet : a rechercher le mou, nous le sommes devenus. Jusqu'à l’élasticité la plus saugrenue, nous nous étirons, nous nous déchirons pour maintenir a la fois ce misérable confort mais aussi notre vivacité…
Faut-il être dur, ou bien faut il être souple ? Le juste milieu ne semble pouvoir être ici un état intermédiaire : tout au plus une oscillation. Faut il osciller ? Entre raideur et mollesse ? Entre droiture et ouverture ? Entre le solide et l’adaptation ?
J’ai toujours été mou, du moins face au monde ; car envers moi-même, je suis certainement trop dur. Paradoxale complexion ? Certainement… Peut être aussi est ce que je m’exprime mal. JE suis mou car sans projet dans ce monde ; dur en tant que j’ai quelque projet pour moi-même – mais c’est qu’ils se combinent mal avec ce monde, et peut être même avec moi : vouloir devenir, n’est ce pas toujours vouloir être ? Oui, si l’on veut devenir quelque chose de particulier – et en ce cas c’est nier que l’on soit déjà quelque chose de particulier, et que l’on est toujours en devenir. Mais si l’on veut devenir, en ce sens que nous souhaitons parcourir, que nous désirons explorer ce monde, a commencer par soi ; si l’on veut devenir tout en sachant bien que nous ne sommes que cela – du devenu qui devient – c’est simplement que l’on souhaite ne pas tourner en rond : nous refusons de devenir « quelque chose », justement. Nous refusons de nous confiner, de construire les quelques repaires artificiels que constitues les vaines habitudes d’une existence certes tranquille, mais que trop soumise, trop close, comme en carcan dans un imaginaire pauvre et figé.
Et pourtant, j’ai l’impression de tourner en rond.
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