Jeudi 3 juillet 2008

L’habitude est chose naturelle : il n’est pas certain que l’on puisse véritablement vivre sans ; et il  est presque impensable que l’humanité se fut constituée en civilisation, et même en société, si l’habitude n’était pas comme un réflexe du comportement humain, non seulement capable de combler le vide qu’a creusé notre conscience du monde, mais aussi d’assurer une certaine cohésion sociale.

Mais l’habitude ronge, d’autant plus que l’on prend conscience de son rôle : anesthésier nos puissances créatrices, qui sans cela compromettraient la stabilité de nos rapports sociaux, et qui d’ailleurs ne peuvent véritablement s’exprimer du fait même de ces rapports sociaux, c'est-à-dire des habitudes obligées…

L’habitude est donc en quelque sorte une convention. En tant que telle, elle est d’ailleurs le seul fondement concret a ce concept tortueux de contrat social – je veux dire que qu’il y a contrat social au même titre qu’il y a des conventions tacites que transmettent les traditions, et plus largement, les habitudes…

 

C’est donc par habitude que nous supportons ce que nous ne supportions pas, ce que normalement, nous refuserions. Mais ce n’est pas seulement du poids des habitudes acquises individuellement au cours de notre éducation et socialisation permanente, mais aussi de celui que nous héritons du passé , de notre Histoire, qui pèsent sur nos consciences. Car nos habitudes sont ancestrales : et si nous n’héritons pas a proprement parler des habitudes de nos ancêtres, c’est néanmoins elles qui s’affirme à la conscience de notre petit être, et ces habitudes ont eu leur efficaces, ayant conduit au progrès que nous connaissons… Ainsi, tout bouleversement des habitudes parait sous un jour inquiétant aux individus bien constitués, bien insérés dans le cercle de nos habitudes individuelles et collectives – habitudes d’activités mais surtout de pensées.

 

Car s’identifier, c’est se définir.  Et vouloir se définir, c’est penser s’être sculpter : c’est avoir fait de soit une forme solide, dur, qui dure et ne changera plus que de manière superficielle. Le fait que l’on s’attribut une « identité » , c’est déjà revendiquer un cercle fermer d’habitudes : c’est affirmer que l’on a coutume de penser d’une certaine manière et d’agir d’une certaine manière, mais surtout c’est dire que l’on en  est fier, ou du moins que l’on ne pense pas pouvoir y changer quoique ce soit. C’est un « c’est comme ça ».

Il faut certainement être un peu mou, ne jamais être inflexible par principe. Car qu’est ce qu’un principe : souvent une conclusion qui nous à paru logique et sur laquelle nous décidons de nous fonder définitivement la règle d’un de nos comportements.

Sur quoi devons nous rester inflexible ? Quels sont mes principes ? Ai-je des habitudes érigées en principes ?

Il faut certainement être dur sur certains angles, mais est ce toujours alors par principe ou habitude que l’on est dur ?

publié dans : [ ecriture alcoolique ]
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