Mardi 14 juin 2005

Cette vision d'un Etat aux pouvoirs trop importants - sur l'economie, "les marchés" de la santé et de l'education, sur les conditions du travails - et qui doit se contenter de la violence legitime et au maintient de l'ordre, semble donc aussi soutenir que la democratie est incapable de parvenir a se doter d'elus representatifs du peuple. Craindre le pouvoir de l'Etat, c'est en effet soit affirmer que l'Etat ne represente pas la souveraineté populaire, ou bien c'est craindre le choix democratique. Par ailleur on pourrait noter que le libéralisme considère la majorité comme insuffisante pour contraindre la minorité, et au nom de la liberté, la minorité doit pouvoir agir comme elle l'entend pour peu qu'elle respecte la liberté la vie et la propriété d'autrui. Cette vision me parait une bonne intention, et peut etre la base d'une société laique et pluraliste. Pourtant, l'impossibilité de gérer une politique économique et sociale, c'est reprendre a la democratie presque toute sa raison d'être, c'est retirer au peuple la souveraineté pour laisser les elites (financieres) agir librement. La politique se retrouve reduit aux mouvements et a la volonté du Marché, comme si c'était la l'expression la plus sure et la plus fiable de l'ensemble volontés individuelles.

Cependant, cet elan insassiable vers l'ouverture de tous les marchés a la concurrence du secteur privé, pour surement ensuite aboutir a la suppression des services publiques, s'il enthousiaste certainement les investisseurs du Marché - cruellement et eternelement affamés par leur quette du gains - il n'est evidement pas ce a quoi aspire une bien plus grande parti de la population: celle des travailleurs et des chomeurs. Et si d'ailleur l'expression democratique est le moyen peu contestable de prouver l'attachement au service publique, il est aussi vrai que l'education (comme service publique) donne a la democratie les conditions necessaire a son devoloppement, en reduisant les inegalités et en permettant a tous d'aquerir une instruction (et le savoir rend libre -des manipulateur, des demagogues...). Ce principe d'egalité face a la vie n'est pourtant pas rentable, et se base donc sur le principe de redistribution des richesses, les impots faisant particper chacun en fonction de ses possibilités a offrir a tous l'accer gratuit a l'ecole. Oserait on me retorquer que l'Etat devient dangeureux s'il detient l'instruction, possedant ainsi un pouvoir de manipulation et d'embrigadement ideologique bien trop risqué ? Je dirais qu'il est bien plus dangeureux de confier l'instruction a des entreprises dont l'interet est l'argent, alors que l'Etat democratique est justement sous le controle du peuple.
Le droit a l'instruction ne peut etre honnetement dissocié du droit a la liberté, et si c'est le role de l'Etat de garantir ces droits naturels dans la société, il ne doit pas se reduire a la fonction policiere mais se doit d'offrir a tous l'accée a l'education et aux savoirs.

D'autre part, et selon un autre principe essentiel, celui de la separation des pouvoirs, il est urgent de reflechir a la liberté d'entreprendre de l'industrie culturelle et des medias. Bien sur, ces deux secteurs economiques detiennent un pouvoir tres important dans le cadre d'une société democratique - pourtant les visions modernes du liberalisme économique se jette a toute allure dans les regrouppements, les fusions et les rachats d'entreprises. Le pluralisme est pour ainsi dire actuellement tomber en lambeau, et si le nombre de titres des revues et journaux sont nombreux, et bien que l'on ai jamais possedé autant de chaines de tele et de radio, alors que l'accessibilité a la culture, musicale ou literraire, n'a jamais été telle, le nombre d'entreprise gérant ces differents labels, marques, maisons d'editions ou hebdomadaires et quotidiens, n'a jamais été aussi concentré entre si peu de mains.
L'industrie culturel est aujourd'hui detenu par quelque grands patrons, de meme pour les medias. Pire, cette industrie n'est plus independante des autres secteurs economiques, et actuellement les groupes d'armements possedent les medias. Le pluralisme est non seulement menacé par la concentration, mais l'independance de l'information devient serieusement illusoire, et les scandales peuvent s'ettouffer si c'est l'interet du grand patron.
La legislation ne semble en ce cas pas denué d'interet pour garantir le pluralisme, et ainsi donner a la democratie un reel pouvoir de decision, et non pas subir une subjectivité unanimiste qui rendrait impossible une prise de position raisonnée. La concentration execive des medias, et sa dependance vis a vis de secteurs de l'economie différend, doit etre interdit. La liberté et l'independance des medias est le seul moyen d'informer objectivement, de denoncer ce qui peut revolter, de jeter la lumiere sur ce qui cherche a se cacher. L'information independante (de l'etat et d'entreprise dont la fonction ne se limite pas a l'information), et son pluralisme sont donc tout aussi necessaire que l'education nationnal pour envisager une société democratique efficace.
Il est par ailleur interressant de constater que l'achat de toutes une partis du secteur mediatique par des entreprises dont les interets initiaux et principaux ne sont pas réelement l'information - mais par exemple la vente d'armes - donne a l'Etat un pouvoir d'ingerence dans l'information qui n'avait plus été possible en France depuis longtemps. Il est logique qu'une entreprise dont le principal client est l'Etat (ce qui est le cas pour l'armement) a interet a ne pas trop allez a l'encontre des interets de celui ci: le client n'est il pas roi ? L'independance de l'information est donc d'une part amputer par les interets economiques de l'entreprise "maitre" et cela permet d'autre part a l'Etat d'interférer sur l'objectivité de l'information.

La liberté d'entreprendre, la competitivité et la concurrence, alliées a l'absence de reglementation stricte, ont conduit finalement a un grave danger pour la democratie: l'evaporation progressive du pluralisme et l'infiltration d'interets economiques en contradiction avec l'independance de l'information, et de plus, a offert a l'Etat un cheval de troie dans les media.

Bouygue, Dassaut, Lagardere detiennent presque tous les moyens d'informations et d'expressions (via l'edition) dans le pays. Ils ont en consequence un pouvoir d'influence sur l'opinion, et parallelement un pouvoir de censure, qui sont d'une telle ampleur qu'ils ne sont pas en accord avec les exigences de la democratie. Et bien qu'il peut nous faire l'illusion que cela soit tout de meme dans le sens du liberalisme, il est pourtant clair que celui-ci defendant le droit a la liberté doit defendre le droit a l'information, puisqu'ils sont liées l'un a l'autre - a fortiori en democratie.

Le liberalisme, s'il veut etre en accord avec la democratie - qui est le systeme qui jusqu'a aujourd'hui a reussit a offrir le plus de liberté - doit admettre la necessité de restreindre le droit de propriété, en empechant l'industrie culturelle et les divers medias de se concentrer a une trop grande echelle tout en interdisant les reggrouppements des entreprises mediatiques et celles sans rapport avec l'information.
publié dans : [ Reflexions et alternatives politiques]
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