Si donc la liberté (et par la meme la democratie) doit etre admise superieure au droit de propriété - sans pour autant qu'il soit question de le nier entierment - le droit a la vie doit lui aussi evidement le dominer et être considéré comme prioritaire.
Pourquoi et dans quel mesure le droit de propriété peut se transformer en une entrave inadmissible au droit a la vie ?
Tout d'abord, le plus borné des esprits peut comprendre que la santé et donc le droit aux soins est directement inclus dans le droit a la vie. Or, encore une fois, ce ne doit pas etre l'interet economique qui dirige cette mission, mais bien l'intention de garantir a tous le droit de vivre, selon le principe d'egalité devant les droits naturels. La santé doit donc etre accessible a tous, meme aux plus demunis, ce qui signifie que la société doit imposer ceux qui en ont les moyens pour permettre a tous d'obtenir les memes soins.
Contrairement au propos paradoxaux de la these liberaliste, l'impot ne constitue pas un vol de l'Etat, mais bien l'accomplissement de son role en tant que garant d'un des droits les plus fondementaux: celui de vivre.
Nous pouvons d'ailleur reflechir sous l'eclairage des derives qu'empreinte l'industrie pharmaceutique. L'orientation de leurs productions et de leurs recherches uniquement en vue du profit et de rentabilité a court terme n'est pas conforme aux responsabilités qu'elles ont sur la vie de tous. Si chacun a le meme droit aux soins, alors les recherches des laboratoires ne doivent pas seulement s'interresser aux "maladies de riches" mais surtout faire leur possible pour lutter contre les maladies et les graves epidemies touchant les pays et les populations pauvres, et cela sans considérer l'interet economique de la chose mais plutot l'egal droit a la vie de tout être humains. Cela étant dit, il est vrai qu'on peut contraindre une entreprise a aller sur le chemin de la faillite en realisant des investissements non rentables, mais pourtant necessaires. Nous pouvons conclure de cela que la recherche pharmaceutique, en tant que moyen pour renforcer l'egalité de tous face a la santé, ne doit pas etre le monopole du secteur privé, et au contraire le gouvernement -sous controle democratique - doit avoir une attitude active pour favoriser la recherche - y compris ou surtout celle qui ne peut ensuite se rentabilisé financierement, mais qui en revanche est largement recompensé si l'on songe a la valeure de la vie.
Plus largement, serait il absurde d'admettre que le droit de tous a vivre entraine d'autre part un devoir de solidarité pour tous et envers tous- qui s'etend au dela de la gratuité des soins, et comprend aussi le devoir pour une société d'offrir a tous ses membres les moyens de se nourrir et de loger dignement. L'exclusion des demunis, sous le pretexte arogant et funeste qui pretend que chacun a ce qu'il merite, et qu'ainsi tout est juste, qu'il ne faut pas interferer avec la justice elististe que génère nos sociétés en essayant d'aider les pauvres a survivres - certain y voit en effet une lutte contre les lois naturelles. Et pourtant, ce malthusianisme detestable, au relant psycopathe, et qui s'inscrit tout de meme souvent en filigranne dans les discours du liberalisme moderne, nous affirmait t il pas plus tot que le droit a la vie est de la responsabilité de l'Etat ? N'aurait on donc pas donc deduire que la solidarité nationnale doit permettre a tous de se manger et de dormir décement ? Comment refuter que la philosophie liberal est incoherente lorsqu'elle donne a l'Etat la responsabilités du respect des droits en cherchant par ailleur a le reduire a un Etat policier ?
Nous pouvons faire une analyse semblable en ce qui concerne le droit du travail. Le liberalisme propose l'idée que l'on accepte toujours librement un contrat - sans quoi on le refuserait - et qu'ainsi aucun des partis ne pourraient etre lésés lorsqu'ils passent un marché. Pensé ainsi est un defi au pragmatisme le plus primaire, et l'Histoire comme l'actualité prouvent qu'une quantité incalculable de travailleurs acceptent des conditions de travails inhumaine et des salaires miserables afin de pouvoir survivre. L'exploitation est une nouvelle forme d'esclavagisme, car le choix reel de l'exploité est nul, et on ne lui permet pas de vivre dignement. Si on doit admettre que toutes personnes acceptent un travail seulement dans la mesure ou celui ci ameliore d'une certaine facon sa situation, il est neanmoins evident que la liberté du travailleur exploité n'est pas respecter, ni son droit a vivre dignement, humainement (celui-ci en vue de l'egalité des chances dans la société). Pour ces raisons, il est egalement de la responsabilité de l'Etat de prononcer les droits du travail ainsi que de les defendre - et non se contenter de focaliser sur le droit de propriété en brandissant la soit-disante liberté de refuser les contrats innacceptables.
Il me semble que l'on pourrait maintenant conclure que l'aboutissement de la these du liberalisme, a savoir que l'Etat devait devenir un Etat minimum: et selon eux un Etat policier, est finalement en contradiction avec les droits reconnus a l'individu, selon les lois naturelles que les fondateurs du liberalisme eux-meme ont ennoncés lors des Lumieres. Comment ne pas s'apercevoir alors que meme l'Etat minimum ne peut se borner uniquement au maintient de l'ordre pour garantir veritablement les droits de tous a l'education, l'information, la santé (et donc a l'alimentation et au logement), le droit d'être dignement traité. C'est a dire qu'il faut que les lois encadrent et reglementent le marché du travail pour combattre les formes d'exploitations - l'esclavagisme cynique qui hante notre siecle.
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