4.

 

 

·                     Je ne comprend toujours pas pourquoi avec de si vicieuses théories vous n'ayez pas quelques livres publiés ?

 

~ Ecrivain, moi ? Vous m'offenser quelque peu mon cher, quand bien même je ne vous soupsonne pas de vouloir me blesser, votre basse flatterie est loin procurer son effet, au contraire, m'écorche; et bien que je vous concède une intention amicale. Ecrire, sachez que c'est le fait d'une conscience névrosé; seuls ceux qui ne réussissent pas à s'épanouir à travers l'expression la plus noble et la plus naturelle qu'incarne le langage éprouve quelques nécessités à s'exprimer par de labyrinthiques moyens: la tentative artistique par exemple. L'Art, lorsqu'il advient, est la chose la plus noble qui puisse être; mais il n'y a rien de plus risible – ou de pathétique selon les tendances de chacuns-, il n'y a rien de plus risible dis-je que celui qui, par dégoût de lui même, et conséquemment par dégoût de toutes choses, en viendra à tenter d'accoucher à l'humanité un patrimoine quelconque. L'Art exprime en lui même, à travers ses modes d'expressions, une lacune, une incapacité à s'exprimer audiblement pour tous ceux que l'on intéresse. Celui qui écrira de belles lignes ne retiendra l'attention de personne lorsqu'il parlera; lorsqu'il parlera, il sera incapable de se livrer vivement, il lui faudrait le masque de sa plume, ou de son clavier – car il faut bien être moderne.

Littérature, l'écrit, est une confession bien plus que toutes autres disciplines artistiques. Il s'agit ordinairement d'étaler selon de complexes procédés les multiples facettes qui composent notre individu. Il s'agit de faire la morale, toujours. Soit l'on écrit rien, soit l'on écrit quelque chose et alors on élabore une éthique, soit on écrit quelque chose et son contraire et nous créons une confusion, qui parce qu'elle laisse libre cour au choix et à la subjectivité laisse aussi le choix entre une morale ou une autre. Je vous accorde que le lecteur se doit de prendre les responsabilités qui lui sont due. C'est de son intérêt seulement qu'il s'agit lorsqu'il faut conclure sur l'impact moral d'une oeuvre. L'auteur, lui, possède ses prétentions ou non, mais pourrait-on le tenir fautif si ce qu'il souhaitait dire a été mal compris par certains ? Pourrait-on lui adresser le reproche de s'être mal exprimé ? Cela reviendrait au même de le blâmer pour s'être exprimer tout court. Enfin, il n'y a pas lieu de s'attarder sur la question du publique, il ne fait que partager le vice que l'auteur a à s'exhiber, il n'est que le voyeur. Il n'y voit rien ? Et alors, cela ne nous concerne pas vraiment. C'est l'hypocrisie latente et contingente à l'expression artistique qui m'intéresse maintenant. L'artiste, même lorsqu'il écrit, sculpte une réalité qui n'a pas pour fonction d'illustrer les impressions, intuitions et pensées qu'il éprouve, mais de créer une réalité de second degrés, comme s'il s'agissait d'un accès métaphorique à l'expression de son individu réel: lui, l'auteur.

 

 

·                     Ne disiez vous que l'Art possède une grande noblesse ?

~ L'art est pour nous, admirateur et quêteur de la Beauté des choses, un des plus grand bien que notre humanité nous est offert. Cependant, en partant de l'artiste, l'oeuvre n'est qu'une expression dérivé, un masque couvrant une pensée et un être. L'artiste souffre de ne jamais parvenir à se révéler complètement, et il en souffre d'autant plus lorsque cette incapacité est due à la terrible méconnaissance qu'il à de lui même... Enfin, quoiqu'il en soit ne porté pas trop d'importance à mes propos, il est tard et nous avons bu.

_ Vous semblez dire que seule une souffrance, un mal être psychologique en quelques sorte, est cause d'une oeuvre d'art, est constitutif de l'artiste.

~ Excusez moi, vous êtes ?

_ Pardon, je m'appelle Ludovic. J'écris, et je ne me retrouve pas vraiment dans l'effigie que vous nous avez sculpté. L'écriture est un acte d'expression, et prétendre qu'il ne s'agit que d'une expression larvé, symptomatique d'un manque de communication orale est réducteur et inutilement provocateur. Si nous convenons tous que l'écrit et la parole sont deux modes distinct d'expression, je ne saisi pas la hiérarchie que vous leurs appliqués.

~ Tu peux me tutoyer... La parole à quelque chose de bien plus naturelle que l'écrit, l'échange et le partage y sont concrets, les droits de réponses sont immédiatement possibles. L'écrit instaure dès le départ un rapport de force inéquitable, entre d'une part celui qui a quelque chose à dire a tout le monde et celui qui d'autre part est receveur, lecteur. Celui qui ouvre un livre le fait le plus souvent comme s'il allait s'adresser à une autorité intellectuelle, et il reçoit son discours avec bien moins de méfiance que lorsqu'il discute avec un ami. La discussion me semble donc avoir ceci de supérieur, de plus noble que l'écrit: il place tout le monde à égalité.

 

publié dans : [ les restes ]
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Commentaires

Sans contre dire tu es le plus noble de penseurs et je plie mon regard! Quelque part dans un coin de la planète tu existe, je te suis infiniment reconnaissant.    

commentaire n° : 1 posté par : Tino le: 23/03/2007 19:57:49

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