Vendredi 23 février 2007
    Existe-il un signification à la vie, au moi, y a t il un sens à l'existence ? La question ne se pose plus, où plutôt nous y répondons sans y réfléchir, nous estimons la question trop spirituelle, trop philosophique et abstraite. Pourtant, l'interrogation existentielle qui s'est longtemps poser ainsi peut très bien se présenter autrement – sans métaphysique – et demandez si nous pouvons donner, faire prendre sens à notre vie, et plus largement à nos vies, la vie de l'anthropos, mais aussi et pourquoi pas la vie aux travers de tous ses phénomènes, Vie comprise comme un réseau interdépendant d'individus et d'espèces, co-évoluant, co-existant.

Doit-on réfléchir à notre condition – Homme, Terriens, Conscience et Abyme, Raison et Démence, Passion et Intelligence – ou doit-on se laisser bercer par « le destin », doit-on ? Peut-on ? exister comme potentiel, comme être en devenir, sans s'interroger sur notre pouvoir sur notre avenir, sur nos déterminations et nos actions ?
Si la question à perdu de sa puissance réflexive, philosophique, c'est que la science et l'esprit expérimental, objectivant, rationalisant, réducteur et mécaniste a réussi à convaincre la philosophie de sa vacuité et de son abstraction, a réussi à convaincre les philosophes et les hommes que la connaissance a trouvé méthode et paradigme définitif, indépassable. La connaissance, le savoir, sont réduit à la compréhension d'une observation, à l'interprétation théorique d'un fait. L'intuition est depuis toujours l'outils le plus fructueux du chercheur et du curieux, mais elle n'est plus aujourd'hui médité, il n'y a plus retour sur soi dans l'acte de connaissance. La science à cru et croit encore pour bonne part pouvoir réduire tout phénomène à un ordre plus ou mécanique – il s'agit là d'un axiome qui s'impose selon une logique a priori, non argumenté par la science, car elle estime que dévier d'un tel postulat constitue justement l'erreur du philosophe. L'être, la chair comme la pensé, sont placés sur un même et unique plan, mais non pas un plan intégrant la complexité et la singularité de ces mondes que sont l 'étendu et la pensé, non, simplement la tentative imbécile de réduire l'un à l'autre: le dualisme irrésolue de Descartes a poussé la science à abandonner l'âme et garder le corps, et le moi, la psyché, l'émotion artistique amoureuse ou intellectuelle, la mémoire, la volonté et la perception ne sont plus qu'électrochimie, génétique et hormones - science dur !
La question de la liberté perd alors toute signification, le problème posé par la possible possibilité de donner un sens à l'existence ou à son existence perd ses fondements: l'individu a l'illusion de penser, de choisir, d'agir... mais en réalité, toutes choses se met en mouvement parce-qu'elle est déterminé par l'extérieur et par ses propres lois internes à se mettre en mouvement.

Spinoza pensa avec une puissance phénoménale la servitude et la liberté de l'homme. Si l'homme, comme toute choses, réponds en son corps comme en sa pensé en fonction des lois – de l'étendu et de la pensé – qui conditionnent les effets de rencontre entre lui et les autres corps (objet ou idée), l'homme n'est pas pour autant voué à la passivité, au pâtir, à l'impuissance, au destin et au hasard: si l'humain ne maîtrise pas les effets qu'il éprouve de son contact au monde (materiel-perceptif et idéel philosophique), il peut cependant comprendre et connaître la cause de ses tristesses, haines, colère et autre sentiments qui réduiront sa volonté à la réaction plutôt qu'à l'action. Et faisant effort pour se comprendre et pour comprendre ses faiblesses autant que sa force, pour connaître ses ennemis et poisons tout comme ce qui lui sera nourrissant, allié et ami, alors nous pourrons prendre nos distances sur ces tristes passions, alors nous pourrons transformer notre volonté floue, nos choix hasardeux, le vacillement de notre direction, en une volonté résolue et informée, consciente des raisons de ces choix, puissante par la construction d'un acte libre, c'est à dire qui se détermine de par nos idées claires plutôt que par ces obscures idées liquides et irréfléchies qui flottent en nous a notre insu.


Une société qui ne permet pas de poser la question de l'autodétermination, du choix de vie, de l'existence libre, mais qui au contraire pose l'homme comme un être sociologiquement, psychologiquement et/ou génétiquement déterminé, est une société totalitaire. Nier la possibilité de vivre selon ses idées, former un système éducatif, économique et sociale strictement normatif, définir le monde comme un carcan étroit ou il faut s'insérer, c'est établir un système de domination totale, qui détruit les condition de la liberté, de la démocratie, de l'existence humaine comme transcendance de l'animalité ou dépassement de la grégarité d'un contrat social fictif et imposé à la raison comme à l'action. La liberté paraît perdre de sa signification et de sa puissance alors même que les historiens disent de notre siècle et de notre ère qu'elle s'y consacre. La liberté est almagamé à notre capacité d'utiliser et de transformer la nature, confondue avec la diversité de nos déterminations Nous serions même, nous le peuple, devenus souverain il y a quelques siècles déjà. De sujet nous serions passé citoyens, c'est dire si nous sommes libres.
La multiplicité des choix possibles, si c'est une condition de la liberté, ne la constitue ni ne la fonde, loin de là. Ce qui nous rend libre, c'est la possibilité d'éclairer nos choix, de les raisonner. Ainsi, une démocratie où l'information est en bonne partie dépendante et dominé par des intérêts étranger à ceux de la connaissance et de la liberté,  est une dictature souple, discrète, subtile mais bel et bien totalitaire – car posséder l'information c'est posséder la pensé, le débat, la mémoire, la vue, la parole, c'est cadrer la liberté. Ainsi, une économie qui envisage l'humanité comme un marché et une force de travail, l'individu comme un consommateur et un compétiteur, l'État comme une Police, l'étranger et l'autre comme le concurrent, la liberté comme la possibilité de jouir d'un droit naturel de propriété privé (le monde leur appartient ?), est une économie qui définit la société humaine comme une guerre permanente de tout contre tout, structurante et paradigmatique. C'est donc une économie où l'humain est considéré comme le soldat de sa propre existence, devant toujours lutter pour exister à l'intérieur de la trancher qui lui a été assignée, derrière les frontières qu'il doit défendre sans pourtant comprendre. C'est donc une économie qui pense la liberté comme le droit de choisir l'aliénation et l'esclavage, et comme le droit d'en établir contrat. Il s'agit bien d'un système ou l'individus n'a plus son mot à dire sur la société, puisque celle-ci s'est autonomisé de l'homme: l'Histoire se réalise désormais à coté de nous, se subit mais ne s'écrit plus; l'offre et la demande comme ficelles d'une sage et invisible main, la société comme pantin; voilà la nouvelle transcendance, le nouveau guide mystère, la société rationnelle et la nouvelle nature de l'homme, mué enfin en homo-economicus. Une démocratie représentative est un système où la liberté d'une masse se confond à la liberté de quelques-uns, une démocratie de la majorité est un système normalisant, étouffant la possibilité du nouveau comme celle de la singularité, de la liberté propre de chacun. Il s'agit d'un système où l'on cherche à convaincre et à séduire plutôt qu'à réfléchir

Démocratie n'a de sens que si elle signifie répartition égale des pouvoirs politique entre tous, autogestion, autonomie et non hiérarchie.
Liberté n'a de sens que si cela veut dire conscient: notre liberté c'est dépasser ce qui nous conditionne à être malheureux.
Vivre, exister, ne peuvent signifier que tendance à être libre, a se libérer. Tout le reste participe de la léthargie, de ce qui rouille ou pourri, de la mort.


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