. La rationnalité séléctive de nos organisations hierarchiques provoque certes l'isolement des individus et la lutte plus ou moins consciente de tous contre tous, favorise le developpement des instincts machiaveliques et les consommations de drogues dopantes ou réconfortantes, mais plus encore, elle entraine l'inhibition du rêve et de la vision poétique du réel, elle effiloche progressivement le naturel des relations humaines via le désaprentissage de la convivialité, de la cordialité, de l'amicalité... Par ailleurs, la nécessité économique de la croissance perpetuelle de la consommation – et donc de la production – se traduit et s'informe dans les consciences par la double idéologie du travail et de l'avoir; la réduction de l'être à "l'avoir" réduit l'humain à un consommateur et à une apparence. Affirmer sa personnalité, son rang et son groupe signifie aujourd'hui acheter certain objets et loisirs, et se deguiser d'une certaine façon; exister, c'est s'afficher; s'affirmer revient se masquer, à trouver son style. Les liens qui structurent aujourd'hui le plus manifestement les groupes d'individus consistent en affinités des comportements de consommations. Mais il ya pire. A l'expression « tu as trouvé ton bonheur ? » que l'on lance à celui qui sort d'un magasin, nous entendons la portée réelle du terme société de consommation. Le loisir -temps libre- est shoping et achats en tout genre, il est l'aboutissement et la légitimation finale de notre labeur; il incarne notre idéntité-apparance et exprime notre pouvoir et notre vision; il constitue l'horizon de nos espoirs, l'effigie de notre bonheur et la dynamique de notre être-au-monde et aux-autres. Le spectacle du tout atteint jusqu'au spectacle de soi. La pression concurrencielle qui dresse les uns contres les autres les travailleurs et entrepreneurs, s'effectue et s'ettend au travers de notre rôle-utilité en tant que consommateur de biens et d'apparats.
L'aboutissement actuel de la dynamique frénétique de notre société de consommation – via la réduction de l'être à l'avoir – est celui d'une consommation addictive. Mais la tentative initiale d'évasion et de rêve est immédiatement absorbée  et récupérée  par la dimension compétitive ou spectaculaire de notre rapport aux autres. Dans ces conditions on comprend pourquoi la dépense-achat, comprise comme recherche d'un bonheur, d'une échappatoire et d'une identité, tend à s'accomplir par la consommation de produits psychotropes. Nicotine alcool et cannabinoïde sont des consommations de bien-être, non plus strictement et simplement en tant que représentations de valeurs ou d'utilité, mais aussi de façons effectives, chimiques. Certes, nous pourrions tout autant discuter de la valeur et de la réalité de ces bonheurs et plaisirs artificiels, il s'agit néanmoins de rechercher une médecine du bien être, des rémèdes mécaniques et à la demande pour la dépression et les difficultés relationnelles.
Ces drogues dites douces et les autres aussi à leur mesure sont donc utiliser pour reconstruire des espaces, virtuel d'une certaine façon, de convivialité de détente d'évasions de rêves de joies de délires et de desinhibitions... S'il s'agit de les reconstruire, c'est qu'ils ont tendance à disparaître, en tant qu'espace d'une part, en tant que mode ou attitude d'être-social d'autre part. La rencontre et le contact des autres, de l'inconnu, qui pour aboutir à une réelle relation doit s'affranchir des barrieres et obstacles de l'apparance et des masques, paraît si complexe et innaccessible que le recours à la déformation de ses sensations et de sa conscience semble devenir une des conditions de ces relations et rencontres amicales sexuelles ou amoureuses.
 

 

1. Individualisme et compétition...2. Marchandisation du réel et consumérisme.   3. morale et raison: peut on penser une vertue de l'egoisme ? 4. Rationnalité économique et cruauté structurelle.    5. La concurrence stimule-t-elle les talents ?. 6. Société du dopage 7. Drogues et société de consommation 8. Humiliation et flatterie... 9.Méritocratie ou reproduction des classes ? 10. L'école de la selection
11
. Société raciste.   12.Société sexiste.    13 . Société du mérite ?  14.L'individu et les masses. 15.. Le spectacle de soi. 16.. Grégairisme et mimétisme. 17. Auto-manipulation et manipulation. 18.. Désespoir et déresponsabilisation. . Passivité et participation.  19. L'info-spectacle et la banalisation de l'horreur. 20. De la culture de la rentabilité à la rentabilité du savoir.  21.Respect de l'autorité. 22.. Bête et discipliner.

publié dans : [ Reflexions et alternatives politiques]
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