. Qu'est-ce que le mérite, lorsque notre couleur de peau, notre nom, notre age, notre sexe ou notre sexualité, notre religion ou nos opinions, sont des critères manifestes de réussite socio-professionnelle ? La compétition sensé légitimer les inégalités d'accès à la vie n'offre finalement qu'à très peu d'acharnés la possibilité de sortir du destin que pose leur milieu d'origine. Faire valoir notre société comme une société de l'égalité, du mérite et de la juste compétition, c'est nier outrageusement la réalité et l'ampleur des discriminations qui organisent et ordonnent nos socio-économies.
Une stricte égalité des chances serait-elle ainsi la condition d'une socio-économie juste et équitable ? La critique de la méritocratie et de la société de compétition à laquelle nous sommes parvenus pour l'instant est celle-ci: la compétition est factuelle en tant que chacun se pense en concurrence, elle est factice en ce qu'elle affirme repecter les mêmes regles pour tous. Que tous croient aux bienfaits et à l'équité des regles du grand Jeu, c'est une des conditions au developpement optimum de la société marchande, productiviste, spectaculaire, laborieuse, inégalitaire et hierarchique, policière et carcérale. Que subsistent et persistent des systèmes de séléctions et de formations des élites héritières, des cadres, de la main-d'oeuvre, c'est l'interêt des profiteurs et constructeurs de l'ordre social;  il est par conséquent nécessaire que ces mécanismes agissent masqués pour que tous croient aux régles et régulations de la luttes de tous contre tous, de la loi du plus fort et méritant. La compétition, équitable ou non, réorganise les rapports humains en rapports concurenciels ou hierarchiques, et par là stimule la consommation addictive d'objets, de loisirs et de drogues, par la déréalisation les relations humaines, la poétique du réel,  « l'être » en « avoir » et « paraitre ».  La compétition fabrique des deshérités, des dépressifs, des pauvres affamés et des riches trop gras, des princes et des domestiques, mais aussi des voleurs, des mendiants, mais aussi des mafias et des corrompus. La compétition-spectacle, pour maintenir son ordre, doit donc surveiller et controler, punir et sanctionner ceux qui chercheraient à réussir en dehors du système qui le leur interdit, et forme donc pour sa stabilité des armées de la paix civile.

1. Individualisme et compétition...2. Marchandisation du réel et consumérisme.   3. morale et raison: peut on penser une vertue de l'egoisme ? 4. Rationnalité économique et cruauté structurelle.    5. La concurrence stimule-t-elle les talents ?. 6. Société du dopage 7. Drogues et société de consommation 8. Humiliation et flatterie... 9.Méritocratie ou reproduction des classes ? 10. L'école de la selection
11
. Société raciste.   12.Société sexiste.    13 . Société du mérite ?  14.L'individu et les masses. 15.. Le spectacle de soi. 16.. Grégairisme et mimétisme. 17. Auto-manipulation et manipulation. 18.. Désespoir et déresponsabilisation. . Passivité et participation.  19. L'info-spectacle et la banalisation de l'horreur. 20. De la culture de la rentabilité à la rentabilité du savoir.  21.Respect de l'autorité. 22.. Bête et discipliner.

publié dans : [ Reflexions et alternatives politiques]
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