Libéralisme porte en lui le mot liberté. Cette liberté consiste à pouvoir jouir de ses biens, à pouvoir entrependre et disposer de sa richesse ou de sa pauvreté, et ainsi à pouvoir contractualiser l'échange d'un salaire contre une activité... Cette liberté consiste aussi à pouvoir exploiter les ressources dites naturelles, et à la possibilité de vendre tout ce que l'on souhaite ou presque: objets, savoirs et services... Cette liberté consiste encore à une liberté de croyance, d'opinion, d'expression. Ces dernieres subissent néanmoins la pression constante de la norme et de la normalité, qui, loin d'avoir disparue par la dispersion des gouts et des choix personnels, s'est simplement élargie. Elle ne retient plus les mêmes critères et est devenue en quelque sorte plus tolérante, elle admet une diversité. Mieux, la nouvelle norme et normalité s'alimente de cette diversité et pluralité de styles – il y en aura pour tous les gouts et pour toutes les bourses ! La nouvelle masse des individus est une masse en tant qu'elle aspire d'un même élan à s'enrichir et à dominer. Chacun souhaite réussir dans la compétition, chacun à sa manière, pour des motifs personnels qui tous entrent dans le cadre de l'accroissement de son pouvoir d'achat, de son pouvoir d'influence ou de sa gloire. Désirer être plus libre, vivre plus confortablement, se déplacer à sa guise, voyager, vouloir construire une famille, bien se loger, se divertir et accéder à de nombreux loisirs, médias, lieux, aspirer à se faire des ami-es, des amant-es, des relations, à être plus beau, plus jeune... c'est aussi vouloir plus d'argent.

La plupart des individus n'envisagent possible qu'une réussite et un bonheur individuel – tout effort collectif pour des biens partagés paraissent vain à la grande majorité de la masse, englué dans la normalité de la lutte du chacun-pour-soi, la « naturelle » loi de la jungle. La plupart des mouvements marginaux, eux, se transforment en modes, et l'industrie marchande leurs offres les moyens de consommer-affirmer cette marginalité. Et les marginaux qui « s 'en sortent » sont vite entierement renormés par la gloire, la débauche ou le luxe. Ainsi, la masse est composé d'invidus isolés mais interdépendants. Masse normé ou environnement de normalité, en ce sens d'invidividus adhérant tous plus ou moins au même idéal de la richesse, soumis à la même illusion d'impuissance face à l'organisation de leurs vies collectives et personnelles et fuyant sur le même mode consumériste et égoiste la désagrégation du vivre-ensemble. Tous ou presque acceptent les privilèges déments auquels ils ont accès: car consommer certain produits c'est reconnaître notre droit au superflue et au luxe alors que d'autres – souvent ceux qui les produisent - n'ont droit à rien. Et cette vision des choses est à la fois la norme et la normalité - celui qui ne cherche ni ne désir ce qui ne pourra jamais être partagé parait étrange à beaucoup...


1. Individualisme et compétition...2. Marchandisation du réel et consumérisme.   3. morale et raison: peut on penser une vertue de l'egoisme ? 4. Rationnalité économique et cruauté structurelle.    5. La concurrence stimule-t-elle les talents ?. 6. Société du dopage 7. Drogues et société de consommation 8. Humiliation et flatterie... 9.Méritocratie ou reproduction des classes ? 10. L'école de la selection
11
. Société raciste.   12.Société sexiste.    13 . Société du mérite ?  14.L'individu et les masses. 15.. Le spectacle de soi. 16.. Grégairisme et mimétisme. 17. Auto-manipulation et manipulation. 18.. Désespoir et déresponsabilisation. . Passivité et participation.  19. L'info-spectacle et la banalisation de l'horreur. 20. De la culture de la rentabilité à la rentabilité du savoir.  21.Respect de l'autorité. 22.. Bête et discipliner.

publié dans : [ Reflexions et alternatives politiques]
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