La hierarchie et la compétition forment une mécanique motrice influencant et effectuant le règne de l'individualisme égocentrique, et celui-ci renforce à son tour les modalités de la hierarchie et la férocité de la compétition. Ces modalités sont, premierement, la valorisation du travail et de l'effort, l'idéologisation du progrès techno-industriel qui découlerait de la stimulation provoquée par la concurrence, et la gestion psychologique et pratique des inégalités produites et des conflits qui en résultent. D'autres part, à plus grande échelle: la concentration des entreprises et des secteurs, la disparition des frontières économiques et des législations nationnales du travail au profit de traités internationnaux, et via la précarisation des contrats d'embauches... La logique individualiste, ici l'égocentrisme, qui est favorisée par une telle organisation conduit à la valorisation de la consommation et de l'apparance, et, ce qui est lié, à l'idéologisation de la réussite personnelle. La compétition et la hierarchie produisent la masse des travailleurs souhaitant consommer; l'individualisme égocentrique anime la masse des consommateurs réclamant travail. Et ces deux masses n'en sont qu'une, en terme d'individus mais aussi de dynamique. Celle-ci permet, alimente, renforce l'avancée idéologique et pratique du productivisme, de l'appropriation privative et de la marchandisation.
La publicité devient partie intégrante et complexe de cette dynamique: en plus de vendre un produit quelconque, elle valorise et dynamise l'idée du consommateur heureux, donc du riche dont l'apparence atteste l'épanouissement. Les dommages corrolaires d'une telle organisation sont la pollution et la destruction de l'ecosysteme, et la manipulation des masses. Cette manipulation est neanmoins complexe, si la publicité en est un des modes flagrant, caricatural et dangeureux, ce n'est pas le seul, et d'ailleur, celui-ci ne se reduit pas à la diffusion des idéaux égocentriques: la plublicité influence, encadre les supports qui vivent de son financement. Ainsi, les manipulations subies par les individus sont produites par les informations et les idées diffusées ou accéssibles, par l'organisation sociale telle qu'elle nous acceuille, mais résultent aussi des comportements des individus eux-même, nous l'avons vu, qui alors rendent encore plus puissantes les structures qui les dominent.
Par ailleurs, la logique de mondialisation économique, l'épuisement des ressources, les proportions colossales de certains groupes industriels et la marchandisation des conflits et de l'information à entrainés la participation de plus en plus active de l'Economie à la geo-politique et socio-politique. Les entreprises deviennent des lobbies, les industriels expliquent les legislations qu'il faut mettre en place afin qu'ils s'epanouissent, « eux et donc l'économie, et donc tout le monde »...
L'information des grands groupes est donc victimes de plusieurs pressions: celles des annonceurs publicitaires, celles des propriétaires-investisseurs qui ont quelques interets à ne pas voir l'opinion publique se préoccuper de ce qu'ils font, et par suite, celle de l'Etat, dont les represantants peuvent négocier discretement avec leurs amis propriétaires de la presse, d'autant lorsque l'Etat est par ailleur client de l'entreprise; enfin, la pression des consommateurs, qui ne semblent pourtant pas toujours satisfait de l'information-spectacle.
La démocratie éléctive et representative est l'ultime instrument de manipulation des masses. L'illusion d'un contrôle des politiques et des lois par les citoyens est une des conditions de sérénité nécessaire aux interets économiques – le bulletin est l'opium du citoyen. Néanmoins, la démocratie-fiction comporte certain risques pour ceux qui la dominent, entre autres celui d'une réelle émancipation citoyenne – où la démocratie réclamerait son existence au de là des urnes et du « débat » médiatique.
Ces différentes formes de manipulations de la masse, basées à la fois sur des systemes de propagandes officielles et officieuses, et sur les modes d'organisations des individus, suffisent-ils à l'approche du problème posé par le conformisme et normalisme comportemental et idéologique ? Tout n'est pas manipulation, et il ne s'agit pas d'un grand complot. La publicité, l'illusion méritocratique ou démocratique permettent le bon fonctionnement de notre socio-économie par le biais d'une stimulation ou d'un conditionnement des comportements et des representations, mais ils ne peuvent exister se développer ou se perpetuer sans la participation et l'adhésion (active ou passive) de la masse des individus.
1. Individualisme et compétition...2. Marchandisation du réel et consumérisme. 3. morale et raison: peut on penser une vertue de l'egoisme ? 4. Rationnalité économique et cruauté structurelle. 5. La concurrence stimule-t-elle les talents ?. 6. Société du dopage 7. Drogues et société de consommation 8. Humiliation et flatterie... 9.Méritocratie ou reproduction des classes ? 10. L'école de la selection
11. Société raciste. 12.Société sexiste. 13 . Société du mérite ? 14.L'individu et les masses. 15.. Le spectacle de soi. 16.. Grégairisme et mimétisme. 17. Auto-manipulation et manipulation. 18.. Désespoir et déresponsabilisation. . Passivité et participation. 19. L'info-spectacle et la banalisation de l'horreur. 20. De la culture de la rentabilité à la rentabilité du savoir. 21.Respect de l'autorité. 22.. Bête et discipliner.
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