L'école et ses institutionnaires réclament le retour à l'école de la discipline, de l'ordre et du respect unilatérale. C'est qu'à laisser librement s'effectuer la formation d'un individus potentiellement curieux et questionneur, nous prennons le risque de voir remettre en cause notre propre pouvoir d'adultes assagis et cadrés, notre propre autorité et notre savoir, nos methodes et notre légitimité à exiger, à soumettre, à catégoriser... L'idée est bien séduisante: favorisons la prise d'autonomie, amenons l'enfant et l'adolescent à posséder ses propres moyens de construction, de determination, donnons lui la possibilité de penser par lui même ! "Et puis - quoi ? Et puis le voila capable de questionner nos valeurs, avant même qu'il ne soit embrigadé par l'individualisme ambuant qui conditionne tout effort de réussite, alors même que le souffle puissant de son enfance s'insurge lorsque ses yeux s'ouvrent sur l'ecart abyssale qui sépare les discours bon-enfant qui hantaient ses oreilles juvéniles d'injonctions et de justifications morales, et les comportements socio-bestiales que nous adoptons face au réel. Voilà l'adolescent, dont les hormones poussent déjà à la révolte et à l'affirmation de soi, le voilà libre de se diriger là ou justement il est dangeureux qu'il aille - pour nous; au moment crucial de son positionnement par rapport à l'existence, plutot que de le dresser et de le matter, comme il se doit faire de tout être que l'on souhaite controler, nous accéptons qu'il nous echappe, et sommes ensuite surpris qu'il nous conteste. Aurions-nous entierement oubliés qu'elle est la fonction d'une école obligatoire et unique, organisé selon le modèle d'un apprentissage militaire ? Auriez-vous oubliez qu'il est necessaire, aux fins du bon fonctionnement de notre organisation actuelle, que tous les nouveaux venus fassent fie, tout comme nous, du désordre chaotique de notre cruauté civile ? Et quoi, doit-on attendre avec laxisme que cette révolte adolescente passe ? Ne craignons-nous pas qu'il trouve l'occasion d'aller puiser ses sources en dehors de nos lectures et savoirs imposés ? Ne craignez-vous pas qu'ils en profitent pour sortir du moule, du cadre, du carcan psycho-social de la concurence et de la hierarchie ? Ne faut-il pas craindre qu'ils dessinent un nouvel horizon, qu'ils s'amusent de notre gloriole et de nos bricoles, qu'ils se soulèvent sous le poids de notre domination ? Soyons serieux, l'autorité et la discipline n'ont pas d'autres ages plus propices pour être inculquées. C'est alors qu'on peut apprendre, sans même y penser, l'interet qu'il y a à obeir au doigt, à l'oeil et à la baguette ! "

"Bien sur, les diplomes et notations constituent encore un élément important de la pression psychologique, pratique et symbolique que nous exerçons sur les consciences en formations - et en de nombreux cas, nous parvenons encore à les avorter. Bien sur, l'inculcation répétée, avec frénétisme, de la nécessité du BAC ou du premier diplome pour "s'en sortir", pour ne pas crever sous la misère et dans l'exclusion, pour ne pas être humilié d'exister et pouvoir au contraire faire plus tard ce que l'on souhaite, porte ses fruits.. Bien sur, ils leurs est répété sans cesse qu'il faut tout d'abord se plier aux regles établies: pour avoir le choix, il faut d'abord obeir et gravir les échellons obligés de la reconnaissance sociale, c'est à dire la reconnaissance de notre capacité à ingurgiter passivement et notre tendance à la docilité - l'effectivité manifeste de la réussite suffisement efficace de notre dressage. Puis l'université...: "

"Vos diplomes, votre savoir, votre curiosité ne vallent rien ! Quoi, vous pensiez qu'ici vous seriez libre de vos évolutions ? Quoi, vous pensiez que la connaissance possède une valeur intrasseque ? Que non ! Vous devriez le savoir, la plupart le savent déjà parfaitement: vos diplomes ne valent qu'en tant qu'embryons de votre future insertion dans le monde du travail; si vous étudiez ce n'est qu'en vue d'une carriere, et ne pensez pas pouvoir choisir votre metier, votre activité et les modalités de votre exploitation, tout comme celles, éventuellement, de vos exploités.

Oui, tout ou presque concourt au regne du concurrenciel. Mais pourquoi laisser une ouverture, des breches dans l'usine de standardisation de notre éducation-dressage nationnale ? Allez, mes freres, feroces carnassiers à l'avidité insaciable de votre risible pouvoir de détruire et de controler, il faut reprendre les chose en main, et d'une main ferme !"

 Comme toute chose à présent, le savoir voit sa valeur réglée par le grand marché; son utilité est fonction de sa rentabilité. Il ne reste plus qu'à le faire accépter aux quelques recalcitrants. Et n'oublions pas, pour qu'un savoir puisse être économiquement fonctionnel, il ne faut pas qu'il remette en cause l'autorité, la soumission, la hierarchie...

 


 

1. Individualisme et compétition...2. Marchandisation du réel et consumérisme.   3. morale et raison: peut on penser une vertue de l'egoisme ? 4. Rationnalité économique et cruauté structurelle.    5. La concurrence stimule-t-elle les talents ?. 6. Société du dopage 7. Drogues et société de consommation 8. Humiliation et flatterie... 9.Méritocratie ou reproduction des classes ? 10. L'école de la selection
11
. Société raciste.   12.Société sexiste.    13 . Société du mérite ?  14.L'individu et les masses. 15.. Le spectacle de soi. 16.. Grégairisme et mimétisme. 17. Auto-manipulation et manipulation. 18.. Désespoir et déresponsabilisation. . Passivité et participation.  19. L'info-spectacle et la banalisation de l'horreur. 20. De la culture de la rentabilité à la rentabilité du savoir.  21.Respect de l'autorité. 22.. Bête et discipliner.

publié dans : [ Reflexions et alternatives politiques]
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