Tristesse, tristesse colère. Rage tristesse ! Pernicieuse, pleurnicharde tristesse ! Mesquine tristesse...

ME cours tu apres ? Cherches-tu à m'étreindre ? A me garder pour toi, rien que pour toi ? Tristesse, passe comme tu es venu ! Mélancolique et désespéré a la fois, n'est ce pas trop ? Pourquoi me cours-tu après ?

 

Homme, les larmes que je t'apporte ne sont elle pas une douceur, une discrete douceur ? Homme, ces larmes, sans elles, ne te desecherais-tu pas ?

Et, homme, que dis tu que je te cours apres ? J'ai mille choses a courir; et toi, coeur et esprit en pagaille, je ne t'accompagne que parce-que ma pitié s'étend jusqu'a toi; parce que tu reclames mon support. N'est-ce pas moi qui te soulage lorsque ton fardeau menace de t'ecraser - ne suis je pas, moi aussi, un echappatoire, une issue a ton mal obscur et profond ?

 

Quoi, toi, tristesse, tu prétends me consoler ? Tu pretends alleger mon fardeau ? Mais n'en es-tu pas, de ma charge, de ce poids qui courbe ma fierté et mon courage, de ce poids qui ploie mes jambes courtes ? Ne me touche pas tendresse tristesse ! ne m'approche plus ! tu ne me sieds pas ! QUi te fais croire que je ne cherche pas le desert, le grand soleil, la grande soif ? Qui te fais croire que je réclame ton support - me penses tu si sot et si faible ? Moi, me soulager de larmes trop lourdes ? Moi ?

 

Qui d'autre ? Je ne m'invite nulle part ! Je ne m'invite pas chez toi non plus. Quoi, me crois-tu tel un fantome qui te hante. Là ou je suis, j'y suis convié - partout ou je vais, c'est que l'on m'a appellé. La question est: pourquoi m'as tu appelé ? Réponds, et je suis sur, alors, que je pourrais te quitter.

 

T'ai je appellé ? Ton oreille doit s'être encombrés des sanglots qui t'accompagne toujours. Comment ne serais-tu pas confuse - Tristesse ? Ce que j'appelle à moi ? La vaillance ! Le courage... La force et l'espoir ! Ce que j'appelle à moi ? Le désir ! Le savoir ! La joie ! Pourquoi je les appelle: pour te vaincre. Pour t'éloigner de moi ! Et tu viens me dire que je t'ai inviter - tu prétends m'aider ? Ta tendresse larmoyante ne me sied pas. Je veux être lisse.

 

Mais tu es tiede. Mais tu hésites toujours à chauffer ou bien à refroidir. Mais tu vacilles - vois, pour voiler ton pas malhabile tu voudrais faire croire que tu titubes, tu preférerais tituber.

Et si je te dis venir que lorsque je suis invitée ! Crois tu mieux me connaitre que je ne me connais moi même ? Crois tu posseder quelques vérités sur mon compte ? Vas-y, avance maintenant !

 

Que sais-je sur toi, o ma tristesse ? Je ne te savais pas pouvoir colérer, je ne te savais pas pouvoir m'aggresser. Mais tu as raison, si tu me sert d'accoudoir, c'est que je cherche accoudoir, c'est qu'il me faut surement me deverser de temps en temps. Si je te connais, moi ? Je t'es fréquenté bien assez pour avancer que je sais bien certaines choses sur toi, mon ombre. Tu reste toujours là, tapis derriere moi - et me reste invisible tant que je contemple l'astre. Tu reste là, sous mes pieds, et t'étire aussi loin que je place la lumiere à l'horizon; mais tu t'y contient, sous mes pieds, lorsque ma lumière est au zenith. Toi, Tristesse, tu es mon ombre ! Tu es là, tu viens lorsque je tourne le dos a mon horizon; tu es là lorsque je lève le pied. Si mon espoir est diffus, tu es flou a ton tour, si mon reve de joie est multiple, voila que sous mes pied tu te multiplie; si mon vouloir créer est etincelant, tu te fait d'autant plus sombre. Tristesse, tu es mon ombre !

 

Certes je suis ton ombre. Crains seulement de ne pas chercher abris de ta chaleur et de ta lumiere son l'ombrage de ta propre tristesse. Vivre sous sa propre ombre, voila ce que je ne voudrais pas pour toi, je ne veux etre un océan, une moustiquaire ou une ombrelle. Certes je suis ton ombre. Qu'il en reste ainsi, jusqu'à ce que tu decide toi meme de ta température.

 

Et que ce passera t il, si je décide de devenir froid.

 

Tu le sais, pour toujours, je resterais loin de toi. Et ton ombre deviendra ton pas.

 

Et que ce passera t il, si je décide de devenir chaud ?

 

Tu le sais. Je viendrais t'achever: de bouillant tu deviendra vapeur, de vapeur de redeviendra larme - et soit la rage contre moi te tueras, soit tu me suporteras et je te suporterais jusqu'a ta fin.

 

Mais alors, que ce passera t il, si je ne parvient a me décider ?

 

Alors, soit tu te refroidiras sans le vouloir, soit tu prendras feu soudainnement, soit tu resteras tiede. Alors, je viendrais souvent prendre de tes nouvelles, alors ton vacillement tribucheras souvent chez moi. Peut etre qu'ainsi, pouvons nous rester bon amis ..?.

 

 

Tu délires, et je me laisse délirer avec toi. Maintenant, tu cherches a te déguiser en Raison ? Tu n'es pas mon amie. Tu ne le sera jamais. Je deviendrais froid a en bruler toute chair ! Je deviendrais chaud à en glacer l'univers, et les milliards de regards qui se tourne encore avec tendresse vers son abyme !

publié dans : [ ecriture alcoolique ]
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