Midi passe. Pendant combien de temps encore n'ecrirais-je qu'en égoiste ? Combien de lignes alignerais-je sans autre fin que de me distraire ? Combien de fois devrais-je régurgiter ces miasmes qui m'ont pris à la gorge ?
2007, nous voila définitement ancré dans le futur; nous voila, bien qu'encore les yeux mi-clos, à l'heure ou le sable, pour pouvoir continuer son écoulement sans fin, doit gravir de là ou il s'écoule, ou bien peut etre doit-on bientot renverser ce grand sablier. 2007, le nazisme à t-il marqué nos conscience comme il le devrait ? L'avons-nous dépassé, compris ? Pouvons-nous seulement effleurer de notre conscience l'idée de notre développement - biologique, social - maintenant que nous devrions comprendre que le mal peut agir organisé, qu'il peut dresser des armées, qu'il peut soumettre les consciences et les masses, qu'il peut corrompre nos rois jusqu'à la psychopatie active ? La psychose n'est pas réservé a notre sphere privé, nous l'avons vu, elle peut s'étendre, s'amplifier, jusqu'a courber sous ses ténèbres des populations et des sociétés entieres, un continent. Les valeurs, déjà, se discutaient depuis longtemps; le bien et le mal avaient été empoignés par tant de corrompus et d'hypocrites que nous savions qu'il n'y avait rien de solide sous la plupart des discours de preches. Savions-nous que ces valeurs malmenées depuis toujours par leurs possesseurs pouvaient se renverser entierement ? Pouvions nous imaginer une masse d'hommes inombrables participer froidement -dignement- à l'organisation de l'extermination massive et inutile -strategiquement, non pas certes pour leurs esprits déments- d'hommes, femmes enfants et viellards ?
Je ne parvient plus a penser la normalité. Surement n'y suis-je jamais parvenus. Je suis de plus en plus terrifié par la capacité sans borne de notre passivité - Qui sont ceux qui aujourd'hui collaboreraient à un tel crime ?! qui sont-ils !? Ou sont nichés ces braves gens qui consentiraient sans ronchon à devenir tortionnaires ?
Terreur: ils sont partout ! Aussi bien hier qu'aujourd'hui ! Pourquoi plus hier qu'aujourd'hui, naifs !? Ils sont là, à en vouloir à ceux qui souffrent de demander assistance ! Ils digèrent passivement, abrutis, presque mort en vérité, les horreurs que provoque la sureté relative de leur misérable confort ! Ils broient du noir, méditent sur le poid trop lourd que la misère fait peser sur la société et les braves gens; ils rêvent de prisons, de frontières armées, de travail forcé - ils songent à ce que pourrait etre le monde si nous étions un peu plus dur avec ce qui semble parasiter les élans de notre bravoure ! Ils sont aussi là, en bas, même gradés ! Ils sont là, regardez: ils se courbent en espérant mériter un jours de se redresser; ils se dressent à coups de fouets, voyez, nombreux sont ceux qui se flagèlent eux-même. A quoi sont-ils pret, ces valets du mérite ? Jusqu'ou sont-ils capables d'obeir ? Qu'elle est le seuil de leur particivité ? N'ont-ils pas tué en eux ce qui nous fait resister; ont-ils bani de leur humanité ce qui lui est le plus précieux - la liberté - notre fierté et notre insoumission !?
Terreur. Ils sont partout. Ils constituent manifestement un pan conséquent de notre humanité. La cruauté ou le plaisir n'est pas ce qui anime ces collaborateurs dévoués de l'ordre social, c'est qu'ils sont assoifés de reconnaissance; en vérité, ils sont aigris, ils ont l'ambition d'être fourmis, et de se rire des cigales crevantes ! Ils remachent le mesquin espoir d'être récompensé, et cet espoir les rends fous et aveugles.
Terreur ! Qui, aujourd'hui n'est pas aveugle ? Qui n'est pas aveuglé ? Qui parvient à ouvrir ses yeux ? Qui comprend ce qu'il voit ? Que nos paupieres sont lourdes ! Que nos pupilles sont dillatées !
Je vous vois ! Flatteurs quéteurs d'éloges ! En laisse, toujours pret à mordre celui moquera ta posture ou ton pouvoyeur de sucres ! En laisse, et ton espoir est d'avoir un collier d'or: ostentatoire et inalterable ! Je vous vois. Vous êtes la gangrene, vous êtes les psychopates en latence ! Et si on ne vous vois pas aussitot, c'est par votre nombre, c'est par votre foule - votre toile est immense, pucerons! fourmis! araignés sociales ! Terreur, je vous vois partout.
Votre vision contamine tous les repères; votre betise est contagieuse; votre ambition se propage depuis toujours, et votre sereine servilité criminelle se répend en coutume. Lorsque les hommes s'unnissent, c'est toujours en vue du pire - c'est toujours grace à leur haine commune, leur ennemis. Lorsque les hommes s'unnissent, c'est toujours en vue d'obeir. Quoi ? Est-ce vraiment toujours ainsi ?
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