L'etat de domestication des individus de notre société-compétition n'équivaut pas à un parfait dressage: l'esprit critique n'a pas disparue et l'autorité ne semble plus necessairement légitime à tous, y compris lorsque cette autorité dépend d'une démocratie représentative. Pour autant, cette autorité n'est pas directement menacée, et son mode éléctif semble l'incarnation de la plus juste démocratie à beaucoup de concitoyens. C'est que la domestication ne se réduit pas au dressage - si celui-ci est un idéal absolu pour ceux qui souhaitent etre tyrans, il rencontre tout de même quelques resitances dangereuses de la part de certains. Par conséquent, notre etat de domestication - qui n'est pas le fait de quelques-uns mais de tous - témoigne au delà de notre passivité d'une complicité plus active, plus engagé. Nous sommes domestiqués en tant que nous habitons notre société, notre milieu professionnel et affectifs, c'est à dire en tant que nous y sommes relativement habitué. Ainsi, l'esprit critique, ou bien se détache de la possibilité d'action et de responsabilité, jusqu'a parfois se refugier dans une position septique, ou bien néglige l'etat de domestication impersonnelle duquel il cherche à s'émanciper et ne parvient donc pas à se libérer de l'infantilisme qui suggere son action. Rien d'autre ?
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