L'autorité est efficace lorsqu'elle transforme le fait d'obeissance en sentiment de respect et besoin de protection. La protection, dans une société de compétition, s'obtient éventuellement et uniquement lorsque nous sommes à son service: soit que nous faissions partie des "puissants" qui érigent et jouissent des regles, soit que nous soyons leurs serviteurs-protégés. Ainsi, le conformisme, qui est l'adoption presque inconsciente des conventions exigées par le dominant comme signes de soumission tacites et symboliques, devient la condition normale de la réussite socio-économique, de l'insersion professionnel et de l'avancement de notre carriere. Or l'obeissance aux conventions et normes de comportement vis-à-vis de ceux qui nous dominent est et reste dans le cadre de la compétition: nous nous vendons, d'autant plus que nous esperons ensuite être promu et diriger. La compétition attise donc la docilité et la serviabilité des uns, déchaine et enfle l'orgeuil névrosé des autres - et condamne tous le monde à l'irrésponsabilité et l'infantilisme.
Par conséquent, le degrés d'absurdité criminelle auquel s'élève notre communauté humaine, bien qu'amplement commenté et démontré, reste inaccessible à la conscience. L'instinct de survie, largement guidé par l'organisation propagandiste des chefs en tout genres, conduit l'individu à refouler l'évidence des conséquences inhumaines de nos sociétés - ne pas vouloir être victime semble signifier devoir devenir coupable, mais coupable relativement décompléxé, autrement dit névrosé. L'alternative est: manger ou être manger; l'injonction est donc: soit prédateur ! La société comme vaste chaine alimentaire, l'humain comme cannibale vorace ! Une espece entieres ou chacun bouffe les maillons qu'il domine, selon son appétit ou son inconscience psychopate.
La prise de conscience partielle de la barbarie dont l'humanité n'a jamais cesser de témoigner est à même de provoquer un tel choc, un tel sentiments d'horreur et de dégout, jusqu'à la pertes de tout repères, qu'elle est la plupart du temps refoulée bien avant s'être développé suffisement pour atteindre le point ou elle ne peut plus s'ignorer, ou nous ettouffons d'apercevoir les barreaux et les voiles qui emprisonnent nos actes et nos consciences. Lorsque nous prenons conscience de la résponsabilité socio-économique des milliards de cadavres qui s'entassent sur notre histoire, et par conséquent de notre responsabilité en tant que serviteur du système économique, il nous apparait nécessaire de renoncer au plus vite à nos activités et comportements qui se servent ou servent l'économie esclavagiste de compétition, il apparait ensuite qu'il nous faudra certainement renoncer aussi aux formes de bonheurs auxquelles nous aspirions, a la fois sur le plan materiel, et à la fois sur le plan psychique. En effet, il faut se résoudre à admettre que la conscience du mécanisme criminel de nos divers modes intrinqués de hierarchisations (comme seule forme d'organisation) nous condamnent définitivement à une certaine detresse - l'alternative à cette déprime qu'implique la lucidité est le cynisme, attitude qui revient à raisonner comme le font les tyrans de tous étages alors même que nous ne cherchons plus à accroitre notre domination et notre avarisme - stupidité lache plus qu'orgeuilleuse.
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