Jeudi 19 juillet 2007

Faut-il que l'on interroge notre corps pour comprendre notre nature humaine, pour definir l'etre humain ? Ou faut-il se pencher sur notre psychologie, sur notre créativité, sur notre esprit ? Faut-il partir de soi, de sa propre experience de la conscience et de la percepetion du réel ? Et si aucune de ces orientations n'est à negliger, et si ces différentes voies, toutes lacunaires et focalisés, sont chacunes valables en tant qu'il n'ya toujours pas de trait d'union entre elle du'n point de vue scientifique - et bien qu'elles étudient le même réel et même monde ?

Mais ne doit on pas aussi tenter de saisir les interractions possibles entre ces domaines ?

Partir du postulat materialiste, selon lequel le monde fonctionne mécaniquement , y compris l'humain et sa conscience, à partir d'éléments materiels observables, c'est ignorer tous les phénomènes qui ne sont pas aujourd'hui réductibles ou adaptables à cette croyance, psychologiques, historiques, et aujourd'hui physiques. La foi mecaniste est en ce sens en rapport avec le scientisme.

 

*

 

- Votre immaturité m'étonne. On ne peut tenir un pareil discours, un tel éloge sur la nature humaine sans paraitre quelque peu ridicule - et vous le savez bien. Vous n'ignorer pas, je suppose, que l'esprit humain est principalement orienté en fonction de ses instincts sexuels; les comportements humains ne peuvent se discuter sans considérer leurs finalités reproductrices: nous ne sommes que partenaires ou concurents sexuels potentiels. Parler comme vous le faite de la créativité humaine ne convient qu'aux poètes et aux comiques, non aux hommes de savoirs. Tous élans, toute vitalité, toutes volontés et toutes volitions sont derteminés - la plupart du temps sans que cela soit conscient - par notre instinct de reproduction, ou bien constitut un paliatif, un substitut visant à combler cette insatisfaction fondementale.

 

- Ce que vous affirmer est terriblement borné. A partir de quoi affirmez vous que nos instincts, quand bien meme seraient ils l'unique cause de nos comportements, se reduiraient à la conservation de l'espece en elle même, à l'instinct sexuel. Il existe bien d'autre aspect de l'instinct de conservation, et cela s'observe aisement dans le regne animal. Votre paradigme sexuel me semble ni fondé, ni apte à décrire et soutenir la complexité de nos attitudes et consciences - vous y croyez simplement pour faire taire votre curiosité, plus vaste que votre intelligence, à la maniere de tous les croyants. Sauf que votre religion est terriblement cynique. Mais vous ne vous contentez pas du cynisme dont sont fiers ceux qui nous pretendent n'etre que des animaux, et qui définisse l'animal comme une mécanique hormonale en interaction avec son environnement - vous réduisez encore cette mécanique à une seule des fonctions de notre organismes, la sexualité.

 

- Il dit vrai. Votre vision n'est certes pas poetique, elle reste pour autant infantile - elle se fonde sur quelques observations et s'en contente suffisement pour se résoudre à exclure toutes celles qui ensuites de cadreraient pas. Cependant, le problème posé par notre conscience, son origine et son rapport au reste de notre organisme, mais aussi du monde, s'il ne peut se résoudre par une stricte dépendance de la psyché a l'appareil génital, ne semble pas trouver non plus de résolution plus complexe. D'une part, nous pouvons influencer chimiquement notre conscience, d'autre part certains individus semblent pouvoir volontairement rendre leurs corps anormalement résistant à des conditions extremes - ce qui ne manque pas d'interloquer nos biologistes. D'une part nous avons résolue par l'observation et l'experiementation de nombreux problèmes médicaux, et compris une part du fonctionnement de notre organisme, d'autre part, la méditation et les médecines "energetiques" asiatiques ont des effets constatés sur la santé sans que l'on parviennent pour autant à trouver la relation entre l'activité volontaire de meditation et ses effets sur le corps. Il en va de même pour la psychologie qui met en evidence une certaine causalité souterraine expliquant nos comportements, sans pour autant que cela puisse se traduire en mécanisme phisiologique.

 

*

Quel est le pouvoir que je detiens sur mon corps ? Quel est le le pouvoir que mon corps detient sur mon je, sur moi ? Vers quelle profondeur peut s'enfouir la connaissance? Et la conscience ? Peut-on plonger en soi sans finir noyé ? Mes abymes, puis je les parcourir ? Est -il possible de le faire ? Est-il bon de le faire ? Il n'y a peut etre pas grande necessité a s'explorer soi même, du moins du point de vue de l'action orientée vers un bonheur simple. Un bonheur animal ? Stupide ? Le bonheur de l'ignorance ? De l'absence de problèmatique, de point d'accroche entre notre intelligence, le réel, notre experience...

Comment definir son action sans parvenir a se definir soi-même ? Sans définir le sujet de l'action ? Me repondras t on que c'est justement l'action qui définit le sujet ? Il faudra bien parler des motivations de l'action, et aussi justifier la raison selon laquelle ce n'est pas la motivation qui définit le sujet mais l'action. Et pourtant, la meme critique vaut aussi bien pour ceux qui ne retienne que la volonté ou puissance sous-jacente à l'acte.

Nous pouvons eventuellement résoudre le problème de l'action en y integrant la passivité... Qu'est ce qui distingue un acte d'un "non-acte" ? L'humain ne peut qu'agir, le plus souvent réagir, néanmoins l'inaction constitue elle aussi un acte, ou plutot ne signifie pas rien, et découle autant que l'action d'une certaine motivation ou d'un certain reflexe. Ainsi, l'expression "passer à l'action" est stricement métaphorique, entendu que nous agissons de façon permanente - hormis peut etre lorsque l'on dort. Par conséquent, vouloir et agir sont d'une certaine maniere concomitant, la vonlonté et l'acte comme un seul et meme acte, comme une seule volonté, comme synonimie.

Que peut ma volonté sur mon corps, sur ces mouvements ? Nous controlons relativement bien une bonne part de nos organes d'interface avec le monde, et nous avons la possibilité d'augmenter notre habilité, notre force, notre précision, notre souplesse vers des extremes hors-normes. Quoi d'autre ? Certain font cesser de battre leur coeur, régulent leur circulation sanguine, cesse de respirer plusieurs minutes, resistent a des température extreme.

Que peut ma conscience par rapport à mon corps ? Peut-elle s'y localiser perceptivement ou intuitivement ?

 

Pourquoi ces questions m'obsedent ? Pourquoi m'est-il insupportable d'être à moi meme mon plus grand mystere ? Ou plutot, comment peut-on le supporter ? Nous croupissons dans notre marécage puant, nous trouvons repos sur d'étrange nenuphare, et contemplons les lotus bleus. Mais n'y a t'y pas d'issue a ce bassin trop etroit ? Ne serais-ce qu'eau morte ? N'y a t'il pas un parcours qui rejoins à la source, et un autre qui se noit dans l'infini salé ? Et puis, quand bien même l'étang serait tranquille et qu'il y nagerait quelque cygnes majestieux, comment pourrions nous y être satisfait- puisque enfermé. C'est que le temps coule contre nous, il faut bien avancer pour se sentir vivre. Mais avancer n'est pas se precipiter vers d'autres marécages ou égouts sordides. Il faut savoir ou l'on peut aller, comment on le peut. Et peut etre que non, peut etre faut il etre intrepide pour sentir sur son visage le vent impétieux que souffle la vie. Mais l'horreur n'est pas de chercher le bonheur, si t elle est vraiment l'optique, il est possible d'être convenablement satisfait, pour peu que l'on ne se trompe pas trop sur les objets et moyens de celui-ci. Mais gare à y lier la connaissance. Car vouloir savoir est une pulsion antinomique au bonheur - du moins d'un bonheur simplement humain - l'instinct de connaissance comme frénésie de creuser est instinct de l'abyme.

 

*

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