Nous ne pouvons réelement determiner si c'est de notre organisation inter-individuelle que dépendent nos attitudes concurrentielles ou bien si c'est l'expression d'un instinct fondementalement humain qui conduit à une telle organisation. S'il est certain que l'ordre hierarchique inculque et réclame des comportements dociles vis à vis des maitres et féroces vis à vis des concurrents et des inferieurs, que cette attitude est si bien favorisée par les modalités d'existences instituées qu'elle atteind parfois jusqu'à la depersonnalisation et la démoralisation totale des chefs et serviteurs, si donc il est incontestable que la grande mécanique socio-criminelle dans laquelle les individus sont happés exige de tous d'accepter la violence sans borne de la compétition et les conséquences attroces de la hierarchisation, cela ne signifie pas pour autant que l'organisation est l'origine, la source des comportements qui la soutiennent. Autrement dit, nous pouvons supposer que la réussite du modèle compétitif, non pas en tant qu'il permet une société satisfaisante - ce n'est bien entendu pas le cas - mais en tant qu'il réussit à se développer et à soumettre les consciences, dépend de notre receptivité et de notre tendance instinctive à la domination et à la soumission. Le problème sur l'origine individuelle de l'organisation et sur l'origine organisationnelle des comportements individuels est un problème vain. Ce que nous pouvons comprendre, sans se poser la question de l'origine, c'est l'interdépendance réciproque de notre instinct de domination et de notre société de compétition. Savoir si nos instincts sont véritablement innées ou s'ils sont acquis, c'est à dire si l'ordre social actuel ne fait que récupérer et renforcer nos instinct ou bien s'il les construit et les ancre lui même dans l'individu, me parait à la fois peu determinable et relativement dénué d'interet. Ce qui est interressant, c'est le fait qu'il y à dans l'individu adulte une tendance à admettre comme rationnelle ou normale notre organisation, mais que cette complaisance dans la depossession de soi et dans le jeu d'alternance entre obeissance et domination n'a pu atteindre ce degres de manifestation et de banalité que parce qu'il s'agit d'un impératif social dont l'oppression est constante et grandissante. A l'inverse, que la constance et la croissance de cette oppression ne peu se développer que dans la mesure ou il n'y a pas de resistance suffisante et efficace, c'est à dire que les masses soient suffisement habituées au niveau de barbarie auxquel nous nous sommes issés pour pouvoir accepter qu'il augmente encore, sans prendre conscience de la responsabilité individuelle et collective de cette derive sucidaire.

publié dans : [ Reflexions et alternatives politiques]
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