La domination, dans une société hierarchique, est le facteur prédominant de la survie. Il ne faut pas se situer trop bas dans la chaine alimentaire. Le retour aux conditions de l'etat sauvage, où les interets de chacuns prevalent dans les consciences aux interets généraux, conduit chaque individu ou groupe a anticiper le danger potentiel que représente le voisin, le collegue, l'étranger, le conjoint, un pays proche ou lointain; à la maniere dont nous l'expliquait Hobbes lorsqu'il parlait de la condition sauvage, l'instabilité de notre position et confort relatif, la menace que fait peser sur notre avenir les multiples dimensions compétitives et hierarchiques de nos rapports humains, incite chacun à s'emparer au plus vite et par tous les moyens tolérés d'un maximum de pouvoir, considéré stupidement comme garant d'une protection, d'indépendance et de liberté. Il est donc envisageable d'apprehender la pulsion de domination à partir de l'instinct de conservation, pour le coup un tantinet paranoiaque. La peur de l'exclusion et d'un asservissement plus important encore pousse à la résignation et à la serviabilité, comme assurance minimum de notre position, mais aussi, parallelement, à un esprit de combativité qui se figure notre avilissement comme le sacrifice nécessaire de notre promotion a venir.
Cet instinct de compétition ou de domination est il une donnée irréductible du genre humain ? Plutot que de s'y resigner, le seul moyen de répondre consiste a tenter de l'affronter. Mais puisque l'organisation actuelle est elle même moteur de la mise en concurrence des individus et des groupes, il serait insuffisant de focaliser notre luttre uniquement sur cet aspect psychologique, tout comme il ne suffit pas d'exiger et d'obtenir un autre modèle social pour annuler ces habitudes, tendances et instincts. La substitution du systeme compétitif par un systeme coopératif et solidaire suppose le renversement des valeurs psychologiquement assimilés qu'induit sur nos comportements, nos representations, nos relations et notre identification le modèle concurenciel du chacun pour soi. A l'inverse, ce renversement des valeurs n'est possible que si ce système de repression et de classification possède quelques breches et n'ettouffe pas entierement le fait de ces conséquences démentielles, c'est à dire s'il reste encore vivace une tendance et une aspiration à la liberté et à l'autodetermination chez certain individus et groupes, s'il existe un accée relatif aux savoir et à l'information, à l'initiative de l'association et du developpement d'autres modes d'organisation et de rapports humains. Il s'agit donc de mener le combat sur plusieurs fronts: pratique, collectif, morale, objectif et subjectif. La défense des formes non compétitive d'organisation sociale doit être sans compromis, toute les formes de coopérations qui se fondent non pas sur le profit mais sur le partage des ressources et des savoirs doivent être développées.
Bonjour,
Vos réflexions sont interressantes et je me permettrai d\\\'orienter certaine personnes vers votre blog.
Merci