L'humain à-t-il besoin d'une structure autoritaire pour s'organiser ? L'idéal démocratique actuel semble répondre par l'affirmative, bien qu'elle conteste les formes d'autoritarismes radicales qui ont soumis les hommes et organisés leurs inégalités au cours de notre histoire. Il ne s'agit plus aujourd'hui de contraindre les masses simplement par la force, ce n'est plus suffisant - il faut prendre en compte le risque avéré d'un soulevement des laborieux, des humanistes, de ceux dont on fabrique la pauvreté et la précarité, de tous ceux qui souhaitent donner leurs avis et participer aux modalités de notre organisation sociale... Ce risque, concernant les quelques 10% de la population qui détiennent 50% des richesses ainsi que la quasi totalités des pouvoirs de décisions politiques et économiques, et encore l'ensemble ou presque des médias culturels et informatifs, ce risque de révolte, il est impératif pour ces élites de le maitriser et de l'anticiper en permanence, tant la situation peut rapidement devenir explosives: augmentation permanente des inégalités économiques, sociales, culturelles, raciales..; remise en cause de la gratuité des soins de santé; echec de plus en plus patent de la démocratie répresentative; progression de la reproduction des élites et hérédité des fonctions; irrésponsabilité environnementale; ingérence du secteur privé sur les gouvernances; controle et manipulation de l'information; surveillance généralisé... Un regard à peu pres lucide porté sur le fonctionnements des rapports de forces qui constituent la société et ses conséquences à de quoi inquiéter toute personne qui par ailleurs n'en tire pas profit, ou si peu.

Pourtant, l'insoumission et la désobeissance sont des comportements encore très marginaux relativement aux nombres extravaguant d'invididus plus ou moins victimes de la situation. Nous sommes donc amené à considérer que les efforts de ces géants pour maintenir la discipline et l'asservissent qui génère leurs monstrueux profits pécunier ont une certaine efficacité. La question fut déjà posée: la servitude d'une grande majorité envers une petite minorité peut elle être réelement involontaire ? Elle se pose encore maintenant, mais pour cela, il faut d'abord reconnaitre que nos démocraties modernes sont factices et idéologique, c'est à dire qu'elles entretiennent et maintiennent une société fondementalement injuste ou le pouvoir citoyen n'influence pas l'orientation globale de nos politiques (libéralisation de l'économie, sécuritarisme, productivisme...), mais aussi qu'elles poussent chacun à penser cet ordre social comme juste, efficace, bénéfique à tous, et par ailleurs inéluctable, impératif et sans alternative. Comment est-il possible de travestir à ce point la réalité de nos conditions de vie ? De nombreux facteurs permettent à l'idéologie néo-libérale d'investir les consciences afin qu'elles consentent activement à ce qui leurs parait alors comme naturel. Parmis les moteurs les plus puissants de la passivité politique de la population soumise, deux idées: la premiere, nous l'avons abordé, consistant à penser qu'aujourd'hui, la souveraineté est populaire, les gouvernements légitimes et démocratiques, qu'ils répondent aux attentes voire aux injonctions de la majorité citoyenne. Les questions qui se posent alors sont de savoir ce qu'est une autorité démocratiquement légitime, ce que cela suppose, et si par suite, toute majorité est réelement légitime à décider pour tous. La seconde de ces idées motrices de l'idéologie moderne est une idée fort ancienne, qui vient compléter la première: la hierarchie est nécessaire à l'organisation sociale, l'humain à besoin de subir une autorité pour vivre en paix et pour qu'il y est de l'ordre - l'homme, ou plus précisément la société, a besoin d'un chef, de quelqu'un qui en derniere instance décide, tranche. Ces deux idées peuvent sembler contradictoire, en vérité elles cadrent assez justement l'idéal démocratique de nos sociétés: une éléction représentative nous donne le droit de choisir qui choisira; quant à ces choix precis, une fois elu, il est relativement libre de les imposer tout en revendicant réprésenter cette majorité qui l'a choisi. Ainsi, la démocratie actuelle n'est pas opposé à l'autorité, il s'agit pour les "citoyens" de choisir à qui ils la confère, à qui ils se soumettront. Il y a alors lieu de se demander ce qu'est une soummision décidé, une autorité consentie.


L'illusion démocratique et le mythe du chef doivent donc être réflechis ensemble pour aborder le problème de l'adhesion des exploités -aisés ou pauvres- aux modalité de ce qui permet leur exploitation. C'est à partir de là que nous pouvons comprendre qu'une démocratie puisse se définir par l'éléction d'une autorité à laquelle nous déléguons le pouvoir de décision plutot que par une répartition concrete de ce pouvoir. Combattre ce système de domination grossierement maquillé nécessite donc de constater les deficiences struturelles de notre Démocratie et son incapacité à être effective, et par là poser la question de ce qu'est et devrait être le débat démocratique ou encore une décision démocratique. Par ailleurs, il faut interroger le concept d'autorité démocratiquement légitime, comprendre la contradiction qu'il porte.


publié dans : [ Reflexions et alternatives politiques]
ajouter un commentaire commentaires (0)   

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

Présentation

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
publier ses idées sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus