Révolte et convulsions, spasmes, spontaneités protéïformes ephémères.
Ruine d'un monde; changement d'ère; boulversements oui, mais discrets, ruptures diffuses... Le tout étant de gérer l'agitation provoquée.
Un monde s'écroule, et je n'ai presque pas eu le temps d'y vivre, d'y participer. Ce monde ? Cet espoir d'avenir ? C'est celui de la resistance envers toute forme de barbarie, de déshumanisation; c'est celui d'une société solidaire ou certains biens constitutifs des libertés concrètes sont accéssibles à tous: la santé, le savoir, les ressources pour se nourrir et se loger... Ce monde était l'espoir de ceux qui avaient resistés au plus technique des massacres, à la plus complète deresponsabilisation de l'individu, à la domination du troisieme Reich, au gouvernement de Vichy... Ces resistants ont essayés de reconstruire une société sur les bases de la solidarité, grace à un service public dont le role ne serait pas de générer du profit mais de donner à tous l'accées concret à certains droits.
Fini. Maintenant, la "modernité" n'est plus l'humanisme, ni la solidarité sociale; aujourd'hui, être moderne, c'est vendre et acheter, c'est pouvoir vendre et acheter, n'importe ou, n'importe quand, n'importe quoi... Les progres, en ce domaine, sont fulgurants: on depose des brevets sur des organismes vivants ! On penalise la diffusion gratuite de la culture et des savoirs ! On vend des assurrances-vie: plus vous payer, plus vous avez le droit d'être soigner ! La marchandise, ce concept pieuvre, cette tarentule qui absorbe progressivement la totalité de notre réel...
Notre democratie se tapisse d'un fachisme rampant - la soumission se réclame de nouveau avec l'imbecile fierté des cabots aboyeurs. Que serons-nous demain ? Les éléments d'un systeme devenus autonome, nous ayant rendu dépendant, esclave, alien de notre propre humanité. Deviendrons nous tous, comme cela est aujourd'hui d'usage, froids et cyniques, laborieux et irréflechis, calculateurs égoistes, soumis à la logique nécessaire du meilleur des systemes, celui des Grands Marchands ? Tous marchandises ? Tous consommateurs éblouis ? Nous gaspillons nos vies afin de pouvoir gaspiller notre argent !
Un refus, une mobilisation ? Un spasme convulsif ?! encore !? Un derniers signes de vie de ce qui meurt ?..
Civilisation décadente ! L'implosion ne s'annonce t elle pas ? Des chiens en lesses protegent nos vautours et autres oiseaux de proies de notre économie moderne; les moutons rêvent tous d'être loups, ils ont tuer leur berger certes, mais ils ont su trouver des rapaces à qui obeir pour apprendre, eux aussi, à mordre.
Fachisme, te revoila ! Comme tu es multiple ! Comme tu sais te deguiser ! C'est à tes victimes que l'on te reconnait: les plus pauvres, les plus démunis, les étrangers. Ces victimes, tu les pretends coupables, responsables des problemes que les "gens normaux" - tout ceux dont tu obtiens la servitude et la sueur - afin qu'ils soient hais, afin que la colère et l'insatisfaction auxquelle tu reduis les masses ne se retourne pas contre ton autorité. Fachisme, comme ton cauchemar se complique: notre technologie s'apprete à combler tes plus fameux espoirs: surveiller tout le monde, tout le temps.
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