Notre quotidien est submergé d'usages supposant une distanciation, une mediation de nos percepetions. Notre univers visuel se fige sur une image mouvante et cadrée. Télévision, ordinateur et téléphone portable sont des ecrans vers lesquels s'alternent notre focalisation jusqu'a envahir une part conséquente de nos activités. Pourtant, cette mediation de la réalité nous donne accée à voir ce qui n'est pas immediatement possible d'observer: les ecrans nous relaient parfois des dimensions de notre communauté humaine qui serait sans cela ignorées: le choc des images... Mais pourtant, il n'en resulte pas moins le renforcement de notre positionnement de spectateur: la pauvreté, les guerres, les scandales politico-financiers, les épidémies et catastrophes, tout s'enchaine, tout s'annule en s'accumulant; nous constatons notre observation passive et nos obligations subies mais complices comme un fait indépassable. Internet, en cela, est un ecran plus interessant: il tisse des reseaux, il met en contact, il permet l'échange et le débat - il y a des utilisateurs d'internet, et  non plus seulement des spectateurs.
La virtualisation du reel constiste donc principalement dans la position expectative de ces acteurs - la virtualisation est la mise à distance de la réalité des effets de nos modes d'organisation. Il s'agit de donner un caratere episodique des évenements, de les disjoindre de nos possibilités d'y participer et de les influencer. La télévision est donc un facteur important de la spectacularisation de la réalité sociale, dans le principe meme de son usage, dans l'unilateralité de sa communication, la télévision est un moteur de mediatisation virtualisante du monde et des phénomènes sociaux.
Pour autant , la virtualisation du réel ne se réduit pas uniquement à une mise à l'écart des acteurs sociaux de la conscience de cette activité, elle se prolonge dans la division des individus et des groupes, dans l'isolement des consciences, dans la fragmentation des rapports sociaux travestis. La communication à distance se substitue progressivement aux communications face à face; l'échange est la plupart du temps interessé, commercial en quelque sorte; ou festif, gratuit mais steril, mais il n'est presque plus jamais constructif et désinteressé.
publié dans : [ cogitations et philosophie ]
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