La peur est l’arme universelle des puissants. Peur de la vengeance que peut exercer la « violence qui se revendique avec succès comme seule légitime »… Peur de l’exclusion, autrement dit de la
faim… Peur de l’autre…
La peur de l’autre est toute particulière, elle est celle qui permet de détourner l’attention, de désigner un ennemi commun et ainsi de recréer le lien national que la dissolution du tissu social
avait défait. « L’autre » sera donc de préférence celui qui à le plus de raisons de se plaindre, celui qui est déjà le plus misérable, le plus exclu. Ainsi, non seulement les victimes moyennes
n’expriment plus leur colère envers les réels responsables, mais de plus ils s’acharnent sur ceux qui sont autant ou plus à plaindre qu’eux même –fonctionnaires ou immigrés – et ainsi, tendent à
rendre inefficaces toutes mobilisations de ces sous-prolétaires et de ces prolétaires auxquelles ils appartiennent pourtant pour la plupart, de même qu’ils n’envisagent leurs propres actions
qu’aux fins de pouvoir stigmatiser un peu plus ces faux coupables et revendiquer aux pouvoirs en place plus de sévérité, plus de cruauté, plus d’inhumanité et moins de solidarité envers ces
fantasmés parasites… Et les vrais parasites pullulent et prospèrent tranquillement… Les centres de rétentions font foisons partout en Europe, des murs se dressent aux frontières que toutes sortes
de militaires surveillent, et pourtant l’Europe a une natalité si faible qu’elle[…]
Combien de temps encore devrons-nous écouter les experts spécialistes diagnostiquer dans leurs domaines respectifs les signes de la décadence, de l’enlisement, de l’engouffrement de tous dans la
masse grégaire conditionnée par les instincts marchands, dans la perte collective et personnelle d’identité et de possibilité non-artificielle d’identification ?... Faut-il attendre d’avoir
faim pour se révolter ? Faut-il craindre d’avoir faim pour se rebeller ? Ne suffit-il pas que certain aient faim, et qu’ils soient presque condamnés à l'avoir? Car si une révolution
d’envergure ne s’envisage que lorsqu’une majorité des individus du système souffrent réellement, alors nos tyrans auront bien un jour l’intelligence de stabiliser une classe moyenne, alors les
révolutions ne servirons peut être qu’à rendre de nouveau minoritaire le nombre des esclaves… Il faut que les solidarités se développent bien au de là des victimes les plus évidentes : il
faut que ceux qui disposent d’un confort qu’ils estiment satisfaisant se demandent si il est possible de partager avec tous l’accès à un tel confort, s’ils ne profitent pas eux-mêmes de
privilèges auxquels n’auront jamais accès une grande partie de l’humanité – du fait non d’une déficience de la répartition, mais d’une impossibilité concrète, c'est-à-dire une
impossibilité entre autre écologique de généraliser l’accès de tel confort à l’ensemble des humains vivants ou à naître de notre[…]
L'absurdité de la logique du profit, du productivisme et de la société de consommation, transforme le gaspillage en outils de croissance et de richesses. Le gaspillage est un des piliers de notre economie, il soutient la rentabilité de nombreux secteurs sinon tous, il maintient notre industrie et conditionne notre développement économique. En effet, si nous ne renouvellions pas nos voitures, nos équipements de loisirs comme nos TV ou nos PC, et notre electro-menagés regulierement, il est certain que de nombreuse entreprises auraient declarées faillites. Mais nous gaspillons, nous jetons... Le gaspillage est tellement necessaire que la construction de nos appareils réponds à son exigence, afin qu'ils ne fonctionnent pas trop longtemps, et que nous devions obligatoirement en changer, des fois que nous ne le souhaitions pas particulierement le faire spontanément, étant resté insensible aux incitations publicitaires frénétiques.Nous jetons plus de nourriture qu'il n'y en à besoin pour nourrir tous les affamés de la terre, mais donner gratuitement, c'est prendre le risque de perdre des marchés...
Révolte et convulsions, spasmes, spontaneités protéïformes ephémères.Ruine d'un monde; changement d'ère; boulversements oui, mais discrets, ruptures diffuses... Le tout étant de gérer l'agitation provoquée. Un monde s'écroule, et je n'ai presque pas eu le temps d'y vivre, d'y participer. Ce monde ? Cet espoir d'avenir ? C'est celui de la resistance envers toute forme de barbarie, de déshumanisation; c'est celui d'une société solidaire ou certains biens constitutifs des libertés concrètes sont accéssibles à tous: la santé, le savoir, les ressources pour se nourrir et se loger... Ce monde était l'espoir de ceux qui avaient resistés au plus technique des massacres, à la plus complète deresponsabilisation de l'individu, à la domination du troisieme Reich, au gouvernement de Vichy... Ces resistants ont essayés de reconstruire une société sur les bases de la solidarité, grace à un service public dont le role ne serait pas de générer du profit mais de donner à tous l'accées concret à certains droits. Fini. Maintenant, la "modernité" n'est plus l'humanisme, ni la solidarité sociale; aujourd'hui, être moderne, c'est vendre et acheter, c'est pouvoir vendre et acheter, n'importe ou, n'importe quand, n'importe[…]
Un débat, pour être qualifiable de démocratique, implique la participation des citoyens à la discussion.
Cette participation est fictive dans notre Démocratie: le débat est l'affaire d'experts et de politiciens, et il est médiatisé, c'est à dire qu'il se tient à distance et impose donc au citoyen un role de spectateur. Le peuple est consulté par des sondeurs, dont il ne faut douter de l'efficacité à interroger les aspirations d'echantillons censé être representatif, et les projets politiques sont communiqués avec pédagogie -démagogie ?- afin que chacun choisisse finalement. Mais ce choix n'est pas réelement libre, car si tous individus possedaient les moyens d'un jugement libre, c'est à dire informé, alors il n'y aurait aucune raisons de réserver le débat à des experts. Ainsi, nous savons que ce choix n'est pas à proprement basé sur une argumentation politique et une vision sociale cohérente, elle n'est d'ailleur pas censé se prononcer sur ce qu'il lui semble l'interet général mais plutot sur ce qui lui semble le sien; ce choix se base sur une composante affective, d'ou l'essort des conseillers en communication, et sur une compréhension partielle des enjeux et des possibilités. L'exclusion du débat est à l'origine d'un[…]
L'humain à-t-il besoin d'une structure autoritaire pour s'organiser ? L'idéal démocratique actuel semble répondre par l'affirmative, bien qu'elle conteste les formes d'autoritarismes radicales qui ont soumis les hommes et organisés leurs inégalités au cours de notre histoire. Il ne s'agit plus aujourd'hui de contraindre les masses simplement par la force, ce n'est plus suffisant - il faut prendre en compte le risque avéré d'un soulevement des laborieux, des humanistes, de ceux dont on fabrique la pauvreté et la précarité, de tous ceux qui souhaitent donner leurs avis et participer aux modalités de notre organisation sociale... Ce risque, concernant les quelques 10% de la population qui détiennent 50% des richesses ainsi que la quasi totalités des pouvoirs de décisions politiques et économiques, et encore l'ensemble ou presque des médias culturels et informatifs, ce risque de révolte, il est impératif pour ces élites de le maitriser et de l'anticiper en permanence, tant la situation peut rapidement devenir explosives: augmentation permanente des inégalités économiques, sociales, culturelles, raciales..; remise en cause de la gratuité des soins de santé; echec de plus en plus patent de la démocratie répresentative; progression de la reproduction des élites et[…]
Colère et incomprehension; rage et désespoir ! Futilités et dépressions, drame et histoire.
Colère ? Face à ce monde, envers cette société ! Répulsion adolescente ? Suis je simplement imature, inapte à m'adapter aux réalités de notre époque ? Colère ! Face à ce monde ou domine la rationnalité économique envers toutes autres considérations; face cette société ou se reproduise générations après génarations les inégalités, les hierarchies. Incomprehension face à ces psychopates qui s'accaparent le droit vivre, incomprehension face à cette masse docile et productive... Colère, incomprehention, rage et desespoir - quelle belle poésie pour signifier un dégout, un écoeurement, une regurgitation.
Futilités ? Mes problèmes de fils de classe moyenne. Dépressions ? Ma vacuité, mon inessencialité, ma vanité, ma futilité et ma faiblesse de fils, étudiant, de classe moyenne.
Drame ? Notre spectacle à tous. Notre grand théatre. Notre parade, notre défilé, notre mascarade... Drame ? Notre infantillisme, notre congestion, notre engourdissement, notre regression, notre abetissement, nos focalisations... Et Histoire ? Notre histoire sans espoir, notre histoire vide d'ambition[…]
La domination, dans une société hierarchique, est le facteur prédominant de la survie. Il ne faut pas se situer trop bas dans la chaine alimentaire. Le retour aux conditions de l'etat sauvage, où les interets de chacuns prevalent dans les consciences aux interets généraux, conduit chaque individu ou groupe a anticiper le danger potentiel que représente le voisin, le collegue, l'étranger, le conjoint, un pays proche ou lointain; à la maniere dont nous l'expliquait Hobbes lorsqu'il parlait de la condition sauvage, l'instabilité de notre position et confort relatif, la menace que fait peser sur notre avenir les multiples dimensions compétitives et hierarchiques de nos rapports humains, incite chacun à s'emparer au plus vite et par tous les moyens tolérés d'un maximum de pouvoir, considéré stupidement comme garant d'une protection, d'indépendance et de liberté. Il est donc envisageable d'apprehender la pulsion de domination à partir de l'instinct de conservation, pour le coup un tantinet paranoiaque. La peur de l'exclusion et d'un asservissement plus important encore pousse à la résignation et à la serviabilité, comme assurance minimum de notre position, mais aussi, parallelement, à un esprit de combativité qui se figure notre avilissement comme le sacrifice nécessaire de notre promotion a venir.[…]
L'instinct de domination n'est pas a proprement parler volonté de puissance - il s'agit tout au plus de sa manifestation puérile et bornée. La volonté de puissance est tout d'abord un rapport a soi, une émancipation de la pression du groupe. Lorsque ce détachement tend à se réaliser par la soumission d'un groupe a son autorité et son vouloir, il ne s'agit pas d'une tentative conséquente d'un dépassement de soi, mais simplement du desir de voir confirmer notre supériorité sur l'autre par l'autre lui même. L'instinct de domination ne tend donc pas à se liberer du jugement de la masse, il conduit à s'y referer et à s'y apuyer. Un véritable vouloir, un individu libre ne souhaite pas se voir lécher le fion par quelconques langues malicieuses et tremblantes.
Nous ne pouvons réelement determiner si c'est de notre organisation inter-individuelle que dépendent nos attitudes concurrentielles ou bien si c'est l'expression d'un instinct fondementalement humain qui conduit à une telle organisation. S'il est certain que l'ordre hierarchique inculque et réclame des comportements dociles vis à vis des maitres et féroces vis à vis des concurrents et des inferieurs, que cette attitude est si bien favorisée par les modalités d'existences instituées qu'elle atteind parfois jusqu'à la depersonnalisation et la démoralisation totale des chefs et serviteurs, si donc il est incontestable que la grande mécanique socio-criminelle dans laquelle les individus sont happés exige de tous d'accepter la violence sans borne de la compétition et les conséquences attroces de la hierarchisation, cela ne signifie pas pour autant que l'organisation est l'origine, la source des comportements qui la soutiennent. Autrement dit, nous pouvons supposer que la réussite du modèle compétitif, non pas en tant qu'il permet une société satisfaisante - ce n'est bien entendu pas le cas - mais en tant qu'il réussit à se développer et à soumettre les consciences, dépend de notre receptivité et de notre tendance instinctive à la domination et à la soumission. Le problème[…]
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