A l’ombre d’un précipice, quelque part entre deux murs, les foules parcourent leurs trajectoires chaotiques mais déterminées. Piétons passant, touristes flânant, bourgeois bourgoiesant, mendiants
déperrissants, précaires publicitaires tractant ou questionnant, vieux bougonnant et jeunes arrogants qui pavanent bruyamment : s’entrechoquent dans les larges allées, somptueuses et bordées de
vitrines alléchant les bas instincts de nos médiocres consciences, s’entrechoquent les contradictions assassines de notre organisation collective et de nos rapports aux autres.
Les files motorisées s’entassent au signe, patientent leur tour aux carrefours, et avancent à pas de fourmis en fulminant. C’est la foule des esclaves et des maîtres salariés, tous esclaves sur
ce point, c’est la foule des médiocres acharnés ou des fiers exploités qui s’entassent aux heures fixées sur les voies menant au labeur. Ce sont les affamées et les affameurs goinfres qui se
côtoient et se doublent pour être les premiers à relancer, aujourd’hui encore, la mécanique absurde de leur domination et de leur destruction hiérarchisée.
Lorsque l’individu n’est pas rentabilisé au titre de travailleur, il l’est au titre de consommateur : lorsqu’il s’amuse il doit encore être utile, ses loisirs doivent pouvoir se vendre et
s’accompagner d’incitations en tout genre à la consommation. L’individu doit être utile, il doit correspondre à une fonction économique et sociale qui permette la[…]
Immersion totale dans une raison chaotique, ou dans le chaos de nos raisons tronquées... Nous nous noyons dans le complexe systeme d'autodestruction de notre progres et de notre modernité. Immersion.La seule chose sur laquelle tous les puissants marionnetistes s'accordent: accumuler et perfectionner les systemes de dominations: armes, industrie culturelle, organes financiers, médias, surveillance...Tous jouets d'une logique inhumaine - j'entend mécanique alienante et sucidaire - tous moyens d'une fin absurde: saturation, épuisement, décomposition et destructuration des identités et des consciences, des liens sociaux, du milieu de vie... Standardisation, bien sur. Uniformisation ideologique du regard historique, du rapport au present, de la conception de l'avenir; uniformisation dégradante et retrograde des valeurs: Travail, Famille, Patrie, autorité, mérite, modernité, adaptation... Uniformisation de nos espoirs et de nos tentatives d'exister: argent, domination, adaptation... Bien sur, de même que toute industrie à su creer l'illusion de l'infinité des choix possibles, il nous semble pouvoir être possible d'exprimer ce que nous sommes, mais nous ne sommes que des masses, des categories de travailleurs, des profils de consommateurs, des types d'électeurs. Un monde ou l'homme domine la nature, puis, se faisant, s'apercoit qu'il domine aussi l'homme... L'humain[…]
Toujours écrire, et comme souvent, par le simple désir de faire découlé du mouvement de mes doigts un texte improvisé. Un texte qui coule de moi. Ecriture alcoolique, comme souvent. ecriture d'essence incommunicationnelle, ecriture vide d'interaction, pure expiation d'un inconscient et d'une volonté, non pas qui cherche à exprimer quelque chose, simplement exprimer. Voila: taper sans s'arreter, ou presque, ne pas rompre le discours, sans pour autant jamais savoir ce que l'on va dire. Et je risque d'ailleur de ne rien dire, de n'avoir rien de pariculier à communiquer. Pire, cet acte de néant je rique de le faire sans style, sans esthetique. COmme si nous étions des ballons, comme si nous n'étions qu'une surface en pression, contrainte de 'linterieur contre l'exterieur, qui parfois cherchait à se vider, à se dégonfler, , et comme si mon mode d'evacuation était l'ecriture, entre autre et en bonne part. Dumoins saoul.
Nous pouvons frissonner du réel, il n'y a nulle raison valable, appuyer, de se sentir rassuré - notre contact au monde ne souffre pas de définition, il n'accede pas à la conscience comme raisonnable, cernable, appréhendable. Nous pouvons frissoner d'exister. Un plein néant se temoigne à notre plein neant. L'indéfini plongé dans l'indéfinissable - condition d'être de la conscience ?[…]
Jile est par terre, sanguinolant. Jile, à terre, bleu de contusions, cicatriseux, sale, est sur terre - oui, le voila terrestre, le voila terre à terre.! D'ailleur, c'est la terre elle meme qui lui serre de couche, c'est de terre qu'il se couvre, c'est de boue qu'il se trempe, c'est de trampes qu'il s'est couché... Couché ? coatché par sa violence, meurtris des violences assumés qu'il provoque, couché sous l'horizon, il contemple la laideur de sa souffrance sanguinolante. Ah ! sanglant visage, comme tes traits sont révocables ! Comme ton innocence se déchait promptement... Combien de mutations t'as t on fait subir; combien de coups as tu consentis pour te voir ainsi défigurés - figures-toi la bienséance de ton agir, ton action qui t'as fais plonger dans ses méandres rougeoiant - voila ton liquide qui s'épand, vitale mais abondant - il se reconstruira, ainsi que ton être, et tu ne mouras pas...
Jile se relève, toujours droit et fier - cela, il l'a toujours été - il se redresse, alors que touchant le fond - comme on dit ! - et se met à rire. Il rit, et son rire amplit les tenebres de son être et du monde; et son rire conclu sa souffrance comme abnegation de son être. Car ca y est, il a assez souffere, il est assez souffrant - il à touché le fond avec tant de véhémence qu'il à rebondit; il[…]
La piece était vide, sombre et plongé sous un voile silencieux que le rire suffocant de Jile semblait peiner à percer. Au contraire, les ténèbres émanant de sa gorge érinté semblaient obscurcir et renforcer encore cette atmosphère propre aux abymes dans laquelle aussi bien le corps que l'ame de ce pauvre Jile se figeait dans un sacadement frenetique - duplicata des vibrations solennelles et ultimes de toute immobilité eternelle. De quoi Jile tremble ? Quel est cet amusement qui, lorsqu'il s'effuse ainsi, refroidit l'air jusqu'à contraindre chacuns de ses miasmes discrets ? A quoi pense t il ? Par quoi de risible mais terrible s'est obstrué sa pensé, celle-ci qui s'était vouée à la contemplation esthétique ? Jile n'a t il pas retenues des diverses idées uniquement leurs beautés, faisant abstraction de leurs contradictions et de leurs vanités ? Qu'est ce qui pertube ainsi sa sérénité à peine acquise, tout juste effleurée ? Est il possible, déjà, qu'elle se sente bousculée par d'autres horizons, basculée vers d'autres vertiges, aculée à quelques verticalités insurmontables ? Quoi, l'univers, la vie, l'ignoble, la sagesse et la sottise lui apparaissaient sous leurs traits radicalement esthétiques, et de là, qu'y a t il de risible encore ?[…]
Ténébreux Jile, même lorsqu'il suffoque ainsi de rire, Jile, impitoyablement, envahit des ses ténèbres l'air qui l'entoure. Il respire avec aisance cette atmosphère lourde qu'il profuse par gestes et par discours. Jile ne sent ses aises que lorsqu'il empoisonne de sa voix roque les pompeusités verbiagées de ces mornes alter-inégaux; il ne supporte la compagnie de ses cospecies que lorsqu'il les plombe de sa démente lucidité. Jile n'est pourtant pas entierement misanthrope, il s'aime, lui, unique specimen homidé terrestre qu'il est rencontré et qui l'intrigue réelement. Son contact, son frottement aux différents êtres que sa position géographico-sociale lui permet, à pour seule motivation le désir de se connaitre soi, l'impulsion convulsive de comprendre sa dépendance à la fréquentation d'autrui et l'effet qu'il peut produire sur leurs faces toujours trop tiedes. C'est d'ailleur ici son premier point commun avec Dieu - celui qui se prétend Père du Christ et accéssoirement du reste - : il vomit les tiedes; mais lui reste toujours curieux de leurs réactions. Dira-t-on que ce Jile est sadique ? Le pretendra t on fat ? Ce serait deja ne pas être fade, et c'est surement là que se porterait sa préference. Mais Jile n'est pas sadique, il réprouve la betise et exorte ceux[…]
L'élégance fut un des caractères de l'etre qui me semblait, il y'a quelques années encore, alors que ma jeunesse adolescente me réclamais une orientation pour vieillir, murir, ou avancer, une des tactique louable et souhaitable pour se frayer un sentier dans l'existence, tant vis a vis d'autrui que de soi. Je me voulais une personnalité digne d'un personnage, je me projetais dans l'avenir avec l'idée que j'avais à me construire une certaine noblesse esthetico-morale de caractère - d'être au monde. Je me figurais un échapatoire à la vacuité de l'existence et du rapport aux autres en m'esperant un jour artiste, artiste de tous les instants, en un certain sens dandy. Mais construire sa personnalité est chose que l'on ne réalise pas soi même, nous ne sommes pas vraiment résponsable de notre attitude. Il m'arrive de choisir mes gestes, il m'arrive de choisir mes mots, ou dumoins de savoir un peu avant de les manifester la teneur spirituelle de ces expressions, leurs dimensions percutantes, leurs élégances; mais je ne décide en rien les moments ou je pourrais me tenir ainsi, dans une droite fierté d'etre modeste et distant, d'etre à coté et par la même profondément à propos. Se faire acteur permanant - sans être lourd et théatrale - jouer avec les évènements ridicules qui[…]
L'existence vaut elle si l'on ne possède pas un talent particulier ? Se sent on capable de l'effort de survivre lorsque l'on se sent incapable de satisfaire notre orgeuil, notre ambition ?
Moi, je suis si orgeuilleux que je n'ai plus vraiment d'ambition. Moi, je suis si insatisfait de toutes les factices satisfactions que je crains de ne jamais me convenir. Mais il est possibile que cette incapacité à suporter sa faiblesse resulte de l'impossibilité de satisfaire ce que l'on lattend de nous.
Moi, je suis si vide, par certain moment, que même ce que je regurgite semble vide. S'exprimer suppose t il le talent ? Non, mais l'attention en reclame surement.
Moi, je me sens si petit que l'existence m'apparait trop souvent sous forme d'obstacle. Moi, je suis si petit que j'ai tendance à passer sous les obstacles.
L'alternative la plus celebre frisonne en moi, etre ou pas, est ce la question ? La prolongation de mon existence pourrait elle se fonder sur quelque raisons objectives ? Si je reste en vie, c'est que pour l'instant, je ne trouve pas d'alternative plus plaisante. Fuir est une stupidité flagrante. Mourrir en est une aussi. Mourir ?
Mourir... Quelle mot etrange... pourquoi il y aurait mou dans mourir ? Et pourquoi il ya mot pour la mort ? La mort a toujours été defini par les vivant, alors que bien sur, ce mot ne peut rien signifier pour eux. La mort ne peut que nous evoquer notre porpre expenrience de[…]
Aimes-tu la poèsie ? Mais c'est pour cela que tu es triste. Lors que tu songeais grace à son aile, à mille merveilles, c'est la laideur du monde que tu apprenais à voir !
Aimes-tu la sagesse ? Mais c'est pour cela que tu es triste. N'as-tu pas encore compris que le bonheur paisible, le savoir tranquile, la conscience claire, que toute ces choses sagesses ne te sied guerre ? Pourquoi ? Parce qu'il te semble qu'être sage c'est etre satisfait - et toi, tu crains, en ce monde, de ne pouvoir etre satisfait sans etre fat.
Aimes tu Dieu ? Aimes tu son amour fuyant ? Mais n'est-ce pas pour cela que tu es triste ? Lorsque tu priais, ou que tu voudrais prier, ne renoncais tu pas à agir ? Une souverainne volonté domptait la tienne, "inchala", "c'est la vie", "ainsi soit il", "si Dieu le veut", "que ta volonté soit faite", et quoi ? cette volonté souverainne ne veut elle pas comme elle agit, ne fait elle pas comme elle est ? Et quoi, m'opposerais-je a ce qui est ou ce qui advient si je m'impose un Dieu. Et si Dieu souhaite nous voir libre et agissant, alors qu'est-ce que prier ? Un blaspheme ? Qu'est ce que penser à Dieu s'il ne souhaite se réveler ? Un blaspheme ? Qu'est-ce qui ne serait blaspheme si il y a un Dieu, s'il y a un ordre ?
Aimais-tu l'amour de Dieu ? cet amour si fuyant ? Et pourquoi d'autre serais-tu triste, si maintenant tu songes a ta[…]
Tristesse, tristesse colère. Rage tristesse ! Pernicieuse, pleurnicharde tristesse ! Mesquine tristesse...
ME cours tu apres ? Cherches-tu à m'étreindre ? A me garder pour toi, rien que pour toi ? Tristesse, passe comme tu es venu ! Mélancolique et désespéré a la fois, n'est ce pas trop ? Pourquoi me cours-tu après ?
Homme, les larmes que je t'apporte ne sont elle pas une douceur, une discrete douceur ? Homme, ces larmes, sans elles, ne te desecherais-tu pas ?
Et, homme, que dis tu que je te cours apres ? J'ai mille choses a courir; et toi, coeur et esprit en pagaille, je ne t'accompagne que parce-que ma pitié s'étend jusqu'a toi; parce que tu reclames mon support. N'est-ce pas moi qui te soulage lorsque ton fardeau menace de t'ecraser - ne suis je pas, moi aussi, un echappatoire, une issue a ton mal obscur et profond ?
Quoi, toi, tristesse, tu prétends me consoler ? Tu pretends alleger mon fardeau ? Mais n'en es-tu pas, de ma charge, de ce poids qui courbe ma fierté et mon courage, de ce poids qui ploie mes jambes courtes ? Ne me touche pas tendresse tristesse ! ne m'approche plus ! tu ne me sieds pas ! QUi te fais croire que je ne cherche pas le desert, le grand soleil, la grande soif ? Qui te fais croire que je réclame ton support - me penses tu si sot et si faible ? Moi, me soulager de larmes trop lourdes ? Moi ?
Qui d'autre ? Je ne m'invite nulle[…]
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