De quelle patience se nourrit mon infatigable innocuité ? Par quelles énergies sourdes mon mouvement lent et mou se soutient-il ? D’où puis-je contempler sans vaciller mon propre corps s’enfermer dans l’étroite cellule de l’inaction socialement systématisé ? Que fais-je qui me maintient encore en estime suffisamment pour perdurer, parmi vous, au sein de ce quotidien qui m’enfonce dans la médiocrité ? Est-ce que je prépare, est-ce que je m’ouvre à quelque chose, aux choses, avant de m’y confronter ? Tout ceci n’est-il qu’une étape, un marche pied qu’il s’agit de franchir, le prémisse chancelant de mon expansion dans la joie, l’amorce timide d’une existence qui enfin s’assumerait, qui par la suite rendrait compte de toute mes gesticulation flémarde et apparemment futile ? Depuis combien de temps j’espère devenir, depuis combien de temps j’entretiens la fine pellicule de mes efforts dans l’espoir de devenir quelque chose de suffisant : quelles sont ces années passées, celles-ci
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Une vie étrange. Singulière mais banale, comme toute les autres. Une vie ou tout ce qui me passe par la tête sonne creux à un moment ou à un autre. Une vie plongée dans un monde qu’elle ne parvient pas à faire sien. Un monde dans lequel vivre devient une épreuve ou un droit. Un monde immense, pourtant, et moi si petit : mais tout ce monde se réduit sous le coups de notre modernité morbide, les espaces sont devenus enclos, et nos merveilles différences se sont érigés clôtures… Une vie étrange, par un corps étrange, parmi d’autres corps aux vies étranges, dans un monde à l’agonie sur plusieurs fronts. Et ce monde qui trépigne de nos convulsions, et nos vies qui vibrent aux fréquences infernales de nos corps convulsés, et moi, moi qui pigne de tout ces tremblements… La vie étrange, d’une époque à posteriori, des peuples qui n’en sont plus mais qui continuent de subir les subtiles tyrannies en ce nom de peuple, des nations ou tout circule librement à l’exception des hommes, et des
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Foudroyé d’amertume ? C’est que nous nous laissons aller. C’est que l’on nous y a éduqué – et les mieux dressés sont fiers des médailles amassées aux dépends de leurs fiertés ; Et les mieux éduqué se feront éducateurs – armés de manuels de matraques ou de marteaux, il sauront courber vos échines arrogantes : c’est qu’il y a posture à tenir devant ceux qui de leurs orgueils bien intentionnés, cherchent à nous replacer dans le droit chemin ! Fier mais les mains liés ? il va falloir aiguiser nos dents, muscler nos mâchoires. Notre chose à soi est une machinerie complexe, il est sage d’en connaître quelques habitudes. Je parle ici avec Spinoza, et veux dire que nous sommes impuissant lorsque nous ne savons pas les véritables causes de nos tristesses : nous sommes doublement triste et doublement malade d’être triste et de se figurer une fausse raison à notre état. Certes, je ne parle pas vraiment avec spinoza, ne parviens pas m’expliquer. Passons Pétitions de principes. C’est
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Oppressé ? C’est que l’on ne nous laisse pas beaucoup d’espace. Les carcasses de nos vies séquestrées s’entassent en quotidiens moroses sur le béton crasseux des progrès techniques de notre modernité. Vaut-il mieux être exclu de cette sphère marchande par les rouages sélectifs de notre politique experte ; ou faut-il plutôt s’insérer, se soumettre et consentir aux ordres imbéciles de notre hiérarchie sociale, afin de participer pleinement au consommationnisme-productivisme de notre usine-monde ? Le pire, c’est que ces deux options ne sont pas vraiment exclusives l’une de l’autre : il est fort possible que les impératifs économiques achèvent notre précarisation par une exclusion radical, jusqu'à la condamnation de l’errance plus ou moins affamées dans les sillions de nos villes affairées à faire tourner cette mécanique macabre de l’essorage du genre humain, mais aussi de la nature dans son ensemble… il est fort possible de se faire expulser de ce milieu où manger et dormir sont
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C’est un peu comme si je voudrais me faire rapatrier. Sont ce mes attaches insulaires ? Vit on mieux, encerclé d’océan ou encastré dans un continent de béton, de goudron et de champs empoisonnés ? A celui qui veut être fier, deux voies : celle du martyr et celle du mercenaire, celle de l’insoumis ou celle du soldat. A chacun sa fierté. Qui voudra encore de moi, d’ici quelque années, alors que j’aurais peaufiné mon alcoolisme, pérennisé mes dépendances aux fumées, une fois que je me serais brutalisé autant que je l’espère, après m’être rendu fou, ou philosophe, je veux dire épris d’une liberté fuyante, obsédé d’un amour sans objet, ou dont l’objet m’échappe… Qui me supportera encore, alors que je ne comprendrais plus l’objet, et suspecterais toute impression de permanence, même de continuité ? Qu’aurais je a dire ? Qu’ai-je à dire, maintenant que j’élabore mes plans de fuite…. J’ai l’impression d’abandonner mes espoirs de construction, je bâti le cercle de mes habitudes, mais
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Pas si simple d’être heureux. Encore faudrait il le vouloir. Encore faudrait il y réfléchir, aux conditions de notre bonheur. Et encore faudrait il pouvoir y réfléchir. Est seulement possible ? Ne faudrait il pas plutôt le sentir, notre aspiration profonde qui sauvegarde en nous quelque espoir quant à l’existence. A moins que nous ne vivions par lâcheté, par habitude ou par principe. Il y a autant de raison pour une société de culpabiliser le suicide, a défaut de pouvoir réellement le punir, que d’interdire le meurtre : dans les deux, c’est une pertes illégitime pour la société. Alors, quelle est elle, notre aspiration profonde ? En avons-nous en communs – je veux dire : l’humain à t il une aspiration profonde ? Y a-t-il un élan, qui nous traverse tous, et qui constituerait notre mouvement, sa tendance, sa promesse ? Quelque chose qui fasse que, malgré notre terrible réflexe de l’inertie, nous ne puissions nous condamner nous même à une logique absurde, je veux dire
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Quelles sont les pulsions qui me définissent ? Quelles sont mes tendances qui durent, et sont promises à durer ? C’est dans un bordel monstrueux que j’agite mes nerfs précieux. Notre cloaque immense m’oppresse de toute part. De toute part, ils ont bétonnés mon imaginaire, ils ont grisaillés mes rêves de déserts, ils ont depucellés les forets de nos mirages. Nous citadins, avons troqués la boue au bon goût de notre modernité qui s’entasse autant qu’elle s’élève et s’étend : l’écroulement semble s’annoncer comme la résultante nécessaire d’une irruption brusque et exponentielle… Mais ce n’est pas vraiment la boue qui nous manque, peut être quelques vastes verdures, certes, mais nous avons goutter au caffouillage exquis du tumulte de nos cohortes dispersées… Nous avons vécu le vacarme, mais aussi le bouillonnement. Nous avons pu nous croiser, tous peuvent en ces vastes étendues de bétons éclairées rencontrer tout le monde, ou presque : je veux dire : nous ne sommes plus en familles,
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L’habitude est chose naturelle : il n’est pas certain que l’on puisse véritablement vivre sans ; et il est presque impensable que l’humanité se fut constituée en civilisation, et même en société, si l’habitude n’était pas comme un réflexe du comportement humain, non seulement capable de combler le vide qu’a creusé notre conscience du monde, mais aussi d’assurer une certaine cohésion sociale. Mais l’habitude ronge, d’autant plus que l’on prend conscience de son rôle : anesthésier nos puissances créatrices, qui sans cela compromettraient la stabilité de nos rapports sociaux, et qui d’ailleurs ne peuvent véritablement s’exprimer du fait même de ces rapports sociaux, c'est-à-dire des habitudes obligées… L’habitude est donc en quelque sorte une convention. En tant que telle, elle est d’ailleurs le seul fondement concret a ce concept tortueux de contrat social – je veux dire que qu’il y a contrat social au même titre qu’il y a des conventions tacites que transmettent les traditions, et
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Je suis douillet, bien plus que mon corps n’est fragile. Est-ce cela, ne plus être bête, ne plus être fauve ? Est-ce, en plus de sentir ses blessures, de surcroît les ressentir, comme si nous avions une âme qui souffrait sous cette chair meurtris : comme si les blessures de notre carcasse prenaient vie par l’intermisse de notre conscience. Et notre degrés de civilisation signifie pour beaucoup absence de douleur, bien plus que plaisir : pour satisfaire au minima un individu, faite lui taire les souffrances du corps, et son âme habitué à un confort si tranquille sera près à beaucoup de bassesse pour ne pas avoir à endurer la souffrance de nouveau. C’est que nous nous sommes rendus douillet : a rechercher le mou, nous le sommes devenus. Jusqu'à l’élasticité la plus saugrenue, nous nous étirons, nous nous déchirons pour maintenir a la fois ce misérable confort mais aussi notre vivacité… Faut-il être dur, ou bien faut il être souple ? Le juste milieu ne semble pouvoir être ici un
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Des mots !! Qui méritent d’être écrit ?!? Il n’est pas encore deux heure, il est tot, le matin à encore quelques heures de nuit avant de se faire jour. Mes maux méritent ils d’être écris ?! Dites le moi !! Comment pourrais-je le savoir sinon ?! Comment puis-je savoir si je ne perd pas mon temps, si ne perd pas mes nuits à écrire, si vous ne me le dites pas. Ou plutôt, car je sais bien que pour moi-même, je ne perd pas mon temps à écrire, comment serai-je qu’il ne sert à rien de me publier si je n’ai d’échos de ceux qui me lisent … ? Dois-je me contenter de mes statistiques, et de savoir que 97% des du millier de visiteurs mensuel sont des visiteurs directs, autrement dit, vous qui me lisez, ne me lisez pas totalement par hasard, n’êtes pas tomber ici en vous baladant sur la toile… Est-ce déjà parler que de n’avoir rien à dire, que de ne rien dire ? Est-ce déjà signifier que de revenir ? D’une certaine manière, certainement, mais moi, je me sens seul. Bien sur, je n’ai pas
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