[ les restes ]


Lundi 23 juin 2008
Alors, toujours a l’aise ? Confortablement installez devant les écrans de nos machines ? Il est mardi. Il est nuit. Nous sommes mardi, et il fait nuit. Et nos mots ecrasent toujours nos pensées, et celles-ci s’acharne encore a s’exprimer, à s’approprier mots et expressions. L’individu n’est pas libre de son langage, a peine de son vocabulaire. Et pire, nos mots et notre language ont été kidnappés. C’est qu’il y à non seulement des gamairiens, mais aussi des communiquant, des economistes du savoirs et du loisirs ; et ils kidnappent nos mots, ils figent nos expressions, en font des marques, des slogans ou des banalités sitcomiesque… Et en figeant nos mots, et encastrant nos modalités d’expressions dans le carcan de leur industrie du spectacle ou de l’industrie politique, ils fixent aussi notre imaginaire, ils reglent par la meme nos relation aux autres, et même, dans un large mesure, notre facon de penser.

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Samedi 14 juin 2008
La tristesse comme la joie, lorsqu’elles semblent à peu près pures, paraissent toutes deux liées à l’amour. La tristesse comme sentiment d’amour frustré, ou comme espoir d’amour réfuté, et la joie l’inverse. La tristesse et la joie viennent du thorax ; plutôt, se ressentent au thorax.   Frustration ? Perte par exemple… Solitude, sentiment de solitude, toujours présent lorsque l’habitude d’une présence n’est plus satisfaite, lorsque l’expression d’un amour devient impossible, lorsque l’affection se porte sur quelques fantômes..   Contrefaction, compression et compréhension. Contrefaction ne veut rien dire, compression veut dire impossibilité d’expression, d’effectuation du sentiment ; compréhension car souffrance personnelle. Contrefaction… comme contravention, comme opposition entre le vouloir aimant et la réalité factuelle amorphe de toute raison sentimentale… est ce vrai ?   Pourquoi rage et tristesse s’oppose ? Justement pour cela. Car la tristesse est un amour que l’on sent […]

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Lundi 29 janvier 2007
L’Orgueil est un moteur universel L'arrogance, la jalousie, le mépris, la suffisance, la colère, le sarcasme sont les rejetons de orgueil L’Orgueil est le croissant noir de nos passions La petitesse, le ridicule, la puérilité ridée, le maquillage, le mensonge et la honte sont les fruits de orgueil   Parle-t-on sans orgueil, sans arrogance ? Nos arguments sont-ils des alexandrins ou bien des coups, des armes ? Peut-on agir sans prétentions ? Peut-on s'aimer sans suffisance. Parler, discuter est presque toujours un conflit, plus ou moins latent. Du moins lorsque l'on ne parle pas du temps. L'échange se fait souvent discrètement confrontation. Est-il possible de s'exprimer à l'orale d'une manière non tronqué, non rongé ? En peu de temps, nous nous retrouvons à répondre à nos intonations, nos gestes, et non plus à nos discours. L'écriture est pour cela une forme d'expression qui possède ses qualités propres: dépasser la tendance conflictuelle de la discussion, avec comme médiateur […]

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Vendredi 26 janvier 2007
4.     ·                     Je ne comprend toujours pas pourquoi avec de si vicieuses théories vous n'ayez pas quelques livres publiés ?   ~ Ecrivain, moi ? Vous m'offenser quelque peu mon cher, quand bien même je ne vous soupsonne pas de vouloir me blesser, votre basse flatterie est loin procurer son effet, au contraire, m'écorche; et bien que je vous concède une intention amicale. Ecrire, sachez que c'est le fait d'une conscience névrosé; seuls ceux qui ne réussissent pas à s'épanouir à travers l'expression la plus noble et la plus naturelle qu'incarne le langage éprouve quelques nécessités à s'exprimer par de labyrinthiques moyens: la tentative artistique par exemple. L'Art, lorsqu'il advient, est la chose la plus noble qui puisse être; mais il n'y a rien de plus risible – ou de pathétique selon les tendances de chacuns-, il n'y a rien de plus risible dis-je que celui qui, par dégoût de lui même, et conséquemment par dégoût de toutes choses, en viendra à tenter d'accoucher à […]

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Samedi 20 janvier 2007
3.   Existe-il quelque part un lieu comme celui que je vous ai vaguement décrit, un endroit ou des vivants se réunissent pour partager leurs opinions sur l'existence. Il est bien probable que ces conversations apparaissent ici et là, faisant apparaître du même élan ce lieu rare ou les consciences partagent leurs expériences, mais généralement, nous évitons de discuter des façons qui conviennent pour se sentir exister, s'il faut ou non fixer un horizon à notre vie. Plutôt que d'échanger diverses vues sur les moyens que nous adoptons pour lutter contre l'ennui, nous préférons lutter contre l'ennui avec les moyens qui nous sont proposé. Nous pourrions être tenté de voir là le cas de Bastien, ce serait fallacieux. Bastien ne se contente pas comme par défaut, tel un mouton, de la prairie qu'on lui impose; non, Bastien détermine lui même ses plaisirs, et les apprécie à sa façon et non pas comme celui qui s'agglutine avec d'autres en supputant que les autres ont de bonnes raisons de […]

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Mardi 16 janvier 2007
-_ Et tu n'as pas vraiment tort. Je suis poussé à croire que chacun à une voie qui lui est sienne pour parvenir aux béatitudes de la vie. N'avons nous pas le droit de supposer que le bonheur n'est pas l'unique fin que nous octroie l'existence. Il faudrait ailleurs se mettre d'accord sur ce qu'est le bonheur, mais c'est une entreprise laborieuse et sophistiqué qu'il vaut mieux laisser aux siècles de l'antiquité. Ce que je veux dire, c'est que si le bonheur peut éventuellement être défini par la satisfaction continue de l'individu qui l'éprouve, le bonheur n'est pas pour autant Un et Unique. Il me parait clair que chacun trouve satisfaction en de très diverses choses. Mais ce qui donne au bonheur une réelle complexité car une véritable multiplicité, c'est que même sa forme change selon les individus. Toi, Bastien, tu ne vois pas le bonheur dans la résolution d'une quête, tu ne vois pas ton contentement suspendu à un effort ou au bout d'un sentier, mais tu considère qu'il faut saisir […]

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Samedi 13 janvier 2007
-_ Toutes les fois où je vous vois vous délectez avec tant d'aisance et de naturel votre whisky, je me dis que nombres de choses sont pour vous un plaisir que la vie vous offre gracieusement, et dont vous savez profiter pleinement.   -- N'est-ce pas ainsi que l'on se doit de vivre ? J'avoue que parler d'un devoir à suivre pour bien vivre est apparemment prétentieux de ma part, pourtant, j'assume la position. Je ne sais si la vie offre réellement quelques plaisirs, je ne saurais disserter avec loquacité des raisons de ce qui me rend heureux, tant la simplicité de ces raisons peuvent paraître complexes à de tortueux esprits. Voyez, le jeune homme qui nous à quitter tout a l'heure, Ludovic je crois, et bien je le pense bien incapable de profiter pleinement des plaisirs simples que l'existence nous offre lorsque nous y prenons garde. Voyez, il fume sans cesse une cigarette, plaisir dont la seule particularité est de laisser insatisfait. Insatisfait le laissera aussi sûrement sa […]

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Jeudi 11 janvier 2007
2. La tranquillité à la mauvaise coutume de se lier à l'ennui. L'ennui est un manque d'excitation. Un manque de rapports stimulants à la réalité. Si l'on accepte d'un commun accord la référence à une réalité unique, c'est afin de ne pas se quereller sur absolument tout la concernant. Il s'agit d'éviter le débat. Il faut rester lucide. La solitude et la vie sociable possède chacune leur propre forme de lucidité. Elles sont inefficaces en dehors de leurs domaines. L'ennui n'est pas nécessairement une forme de lucidité. La maîtrise de soi, la constante direction de son être est elle réalisable ? L'ennui est une forme d'affaissement de la volonté.   La plupart des gens de notre époque et de notre occident ont à lutter presque quotidiennement contre les effets néfastes de l'oisiveté, contre l'ennui. La télévision, l'actualité, les mots croisés, le jeu d'échec, la discussion lors de l'apéro, l'apéro... Nombres d'activités que nous exerçons quotidiennement n'ont aucune finalité, ne […]

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Mardi 9 janvier 2007
-- Voyons, je suis désolé si tu as cru que je souhaitais t'accabler, ce n'était vraiment pas mon intention, si ce que j'ai pu dire t'as blessé pardonne moi. Et pourtant, je ne peux pas te laisser dire que je tiens qu'il faille vivre sa vie plutôt que de la réfléchir ou méditer par facilité. J'affirme ça parce qu'il est visible que se poser des problèmes qui n'ont pas de rapports directs avec nos besoins, jusqu'à s'obséder avec des questions sans fond, n'est ni bon pour l'humeur, ni pour le caratere. Je dis que cette attitude refreine l'action et l'expérience: c'est par cette dernière que prend une forme véritable l'existence, que l'on apprécie ces délices possibles, que l'on subit ses peines avec force. S'enfermer l'esprit dans un labyrinthe auquel tu prétends trouver une sortie, et une carte pour trouver celle-ci, c'est se noyer dans un autre monde que celui qui t'es premièrement donné a vivre. _ Sauf que je ne m'enferme pas, certain le fond, mais pas moi. Moi, je cherche à me […]

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Samedi 6 janvier 2007
Les conversations se déroulent selon un rythme et selon des thèmes apparemment simples pour ceux qui conversent, mais pris dans leur ensemble d'une complexité si effrayante que la construction d'une discussion peut paraître aléatoire, sans liens directes d'une parties à une autre, parties dont on a d'ailleurs souvent du mal à discerner les étapes et frontières. Lorsque des personnes discutent, elles discutent le plus souvent de ce qui vient d'être dit il y a peu, et ont une forte tendance à oublier ce qui a été prononcer auparavant, si bien que le sujet de discussion glisse d'un thème à l'autre sans que personnes ne s'en rendent réellement compte sur le moment. Nous concluons sur une chose dont nous pensions ne pas parler au départ, et nous oublions d'étayer ce que nous avions avancé. Cela présente l'avantage de permettre à la conversation de se poursuivre lorsque nous n'avons plus rien à dire sur un sujet, du fait que nous en avons tout dit et que nous ne souhaitions pas […]

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